dimanche 17 janvier 2010

Version 2010 améliorée (ou je trouve que je torche!)

Au début du mois, j'ai évidemment fait une rechute de résolutions. Jour de l'An oblige. Et il semblerait que je suis en train de changer certaines habitudes de vie pour parvenir à maintenir mes résolutions. Est-ce la fin définitive de ma vingtaine parsemée d'embûches? L'idée que je vais être à nouveau célibataire prochainement? Une écoeurantite de tout ce laisser-aller? L'arrivée prochaine du printemps? (Je sais bien que je rêve là...) Peu importe ce que c'est, je me trouve championne depuis deux semaines.

Avant de poursuivre votre lecture, n'oubliez pas que je souffre d'une très grande indulgence à mon endroit. Pour moi, aller au dépanneur à pied mérite des félicitations ou, mieux, une invitation au resto pour célébrer l'évènement! Ce qui est énorme comme effort pour moi vous fera sûrement vous dire intérieurement «Mais quelle honte!».

Récap des résolutions pour 2010

1-Faire plus attention à ma santé
Je sais bien que ça commence mal, mais je dois avouer prendre beaucoup trop de plaisir (pour mon bien) à fumer. À l'école, j'ai plusieurs amis qui souffrent du même vice et je suis loin d'être mentalement assez forte pour refuser les invitations à aller prendre l'air à la récré et aux périodes libres... Par contre, comme je travaille pour un établissement scolaire, je dois aller fumer hors du terrain de l'école, ce qui me fait faire de l'exercice. Même que des fois, je vais au dépanneur à pied. On reviendra donc à la cigarette au point 3.

J'ai réussi à tenir le coup sans resto pendant deux semaines. Les seules exceptions ont été une salade au poulet chez Subway (étonnamment savoureuse d'ailleurs. Mais peut-être était-ce parce j'étais trop excitée à l'idée d'être sortie de l'école pour luncher?) et un végé-burger au chouette Garage dans mon si douillet Verdun, un samedi soir. J'attends vos félicitations!

Pour ce qui est du vin, j'en bois encore, mais c'est uniquement dans un but préventif. Il n'y a pas de maladie cardiaque dans ma famille, mais je préfère la prudence et utiliser le vin à des fins thérapeutiques.

2- La procrastination
On ne change pas tout du jour au lendemain, mais j'ai réussi à régler plein de trucs alors, je suis
confiante pour la suite. Reste surtout la question des études à régler. Certificat en psychologie? En pratique rédactionnelle du français? Maîtrise? Nan, trop long. Certificat pluridisciplinaire? Je squatte les sites de la TELUQ et du nouveau pavillon de l'UdeS pour trouver ma voie.

3-Perte de poids
Pendant les Fêtes, j'ai souhaité, en le pensant presque pas du fait que ça paraissait être une bonne blague, attraper une petite gastro question de perdre les kilos accumulés en mangeant le chocolat reçu de la part des élèves. La preuve étant désormais faite que les appels à l'univers fonctionnent vraiment, je vais plutôt essayer le sport. C'est peut-être plus laborieux, mais ça ne peut pas être plus désagréable que cette saleté de virus qui m'a forcée à puiser dans ma banque de journées maladies plus tôt cette semaine...

Question de me forcer à bouger, j'ai acheté des pantalons, des camisoles, des t-shirts, des chaussettes et des souliers de sport. Habillée comme une vraie, je me sentirai peut-être moins poche à mon premier cours de spinning. De plus, je compte sur l'humiliation subie en constatant le piètre état de mon cardio pour arrêter de fumer définitivement. On ne peut être plus sérieuse que ça, non?

4- Sortir plus
Je suis sur une excellente lancée de ce côté-là aussi. Faites votre offre!

5-Moins dépenser
Fallait bien que ça merde quelque part, ce grand plan de match pour la nouvelle Marie-Andrée version améliorée 2010. En sortant plus et en décidant de faire du sport, j'ai dû faire quelques achats, évidemment. Rien de folichon par contre. La banque m'a même téléphoné pour savoir ce que je comptais faire avec mon épargne. Tsé. MON épargne! Ça sonne tout drôle à mon oreille.

6-Les hommes
Rien de ce côté, mais 2010 est jeune encore. Vu la preuve faite ci-haut avec les appels à l'univers, je me plais à crier sur les toits que mon prochain chum devra être ingénieur. Pourquoi ingénieur? Ils font plein de sous, sont généralement curieux et cultivés, ils aiment voyager (ce que je rêve de faire) et ça se place bien dans une conversation. J'ai l'air d'une arriviste sans scrupule? Ben quin! Je vais avoir 30 ans et je dois agir en adulte. Pour vous rassurer, je n'ai pas précisé de quelle spécialité du génie ni de quelle université il devra être diplômé. Je sais, je suis si ouverte.

7-Écrire plus souvent ici
4 billets en 15 jours, ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Et j'y prends toujours autant de plaisir.

8-Voir plus souvent mes amis
Ouin, ce point ressemble drôlement au numéro 4. Excusez la redondance, mais je vieillis à vue d'oeil ce qui devrait excuser ce comportement étrange.

9-Être moins cynique
J'ai beau essayer, je trouve que la vie manque de piquant sans cynisme, sans sarcasme et sans ironie. Je crois bien que c'était la dernière fois que je tentais d'arrêter un truc qui me fait autant rigoler. Par contre, après avoir fait passer un sondage auprès de mes élèves pour savoir quoi améliorer dans mes pratiques pédagigiques, je dois admettre que la clientèle des 6e années est encore trop jeune pour y trouver sa part de plaisir. Pour certains (5/26 en fait), il paraîtrait que je me moque trop d'eux. Dommage...

Donc si je continue ainsi, en juillet, je devrais être plus agréable à côtoyer ou en burn-out sous médication. Peut-être même que je serai en voyage en Europe. Ça me titille, mais je n'ai personne avec qui y aller. Des volontaires pour un mois en France? Ou en Espagne? La Grèce peut-être? D'ici là, je serai saine et capable de marcher une distance plus longue que de mon balcon au dépanneur, promis!

vendredi 15 janvier 2010

Ce qu'on n'aurait pas dû entendre dans ma classe cette semaine

J'aime mon boulot, mais parfois, travailler avec des préados full hormones me fait hésiter entre rire aux éclats ou me taper la tête sur les murs avant de me coucher en position foetale jusqu'en juin.

discussion sur le sperme avant le dîner:
Après que K.... m'ait expliqué que plusieurs élèves le surnommaient monsieur Spermousse (insulte résultant d'une création de A....), nous avons eu cette discussion en classe:

Moi- A...., peux-tu m'expliquer ce que c'est que du spermousse?

A....- Euhhhhh (le tout agrémenté d'une face rouge pour appuyer sa gêne et de regards anxieux à ses potes).

Moi- Peut-être pourrais-tu m'expliquer de quel autre mot il est dérivé?

A....- Euhhhhh (face de plus en plus rouge)

(Il faut savoir que A.... est musulman et que les discussions sur la reproduction ne doivent pas être monnaie courante à la maison)

Moi- Bon, est-ce que je me trompe ou tu as fini par l'appeler monsieur Sperme?

A....- Euhhhhh, non. Mais c'était une blague hein K....?

K....- JE ne trouve pas ça très drôle.

Moi- A...., pourrais-tu m'expliquer ce que c'est du sperme?

A....- Euhhhhhh

Moi- Quelqu'un d'autre pourrait me dire ce que c'est du sperme? (en appuyant sur le mot «sperme» à chaque fois avec un plaisir malsain)

Élève modèle: Du sperme, c'est le liquide dans lequel baigne les spermatozoïdes avant d'arriver à l'ovule de la femme pour le féconder.

(Notez bien que j'aurais pu arrêter là, mais pourquoi me priver d'un sujet aussi croustillant?)

Moi- Et qui peut me dire d'où sort le sperme?

A....- Du pénis?

Moi- Oui, du pénis. Aimerais-tu qu'on t'appelle monsieur «liquide plein de spermatozoïdes qui sort d'un pénis», A....?

A.....- Non, c'est sûr.

Moi- Donc je compte sur toi pour défendre K.... à chaque fois qu'un autre élève utilisera ce nom pour se moquer de lui. Tu devras être son plus ardent défenseur!

Plus personne n'a traité K.... de monsieur Spermousse. M'enfin, pas encore.

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discussion intergénérationnelle

V.........(sur un ton de petite fille excitée abusant de sons trop aigüs pour l'oreille humaine)- Madame Marie-Andrée, vous avez quel âge?

Moi- 29 ans, ma chérie, et bientôt 30. Pourquoi veux-tu savoir cela?

V........- Ma grand-mère a 86 ans!

Moi- Euhhhhhhh

(Vous ne serez sûrement pas surpris d'apprendre que je me scrute le visage de façon compulsive depuis ce troublant dialogue.)

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Discussion à double niveau

Moi- J...., peux-tu arrêter d'exciter les filles s'il te plaît? (Je sais, ce mauvais choix de mot vous apparaîtra dans toute sa splendeur une ligne plus bas.)

Les filles- Exciter comment?

Moi- Euhhhhhh... (le tout agrémenté d'une face rouge de gêne et de regards anxieux à la ronde pour m'apercevoir que quand c'est moi qui fait une bourde, je n'ai malheureusement pas de pote vers qui me tourner.)

mercredi 6 janvier 2010

ma première expérience de golden shower

Titre horrible, je vous l'accorde. Mais le vivre est encore pire. J'étais couchée sur le sofa, même pas langoureuse, quand le jet doré de pipi m'a atteinte sur la poitrine. Contrairement aux adeptes de l'urologie, je ne me suis pas écriée: «Dieu que c'est bon!». Nan. Ça a plus sorti comme un: «Tartine, tab....k!» amenant la vilaine chatte à interrompre son marquage urinaire (dixit la coûteuse véto) pour mieux s'enfuir lâchement. Depuis, Hot Man a un sourire louche de type «Je me souviens de ce moment» que je lui arracherais bien.

Je ne peux pas écrire plus longtemps, je dois aller laver le plancher et sortir le tapis qui empeste l'urine de chat. Ne me souhaitez pas merde, please.

samedi 2 janvier 2010

Une nouvelle année qui débute

Et qui dit nouvelle année dit... résolutions bien sûr! Qu'on ne tiendra pas, évidemment. Je récidive toutefois à chaque nouvelle année puisque j'ai foi en moi et parce que je sais que je peux faire mieux. Mes objectifs pour 2010 sont donc:

- Faire plus attention à ma santé. Exit le vin, la cigarette et l'abus de resto.

- Repousser toute envie de procrastiner: commencer par un méga ménage de l'appartement pour me débarrasser de tout ce que je ne voudrai pas déménager à la fin de mon bail avec Hot Man, vider les pots d'annuelles sur la terrasse (je sais bien que ça craint), m'inscrire une fois pour toute à un programme universitaire qui me permettra de gagner plus au boulot et régler le transfert de la maison avec ex-amoureux. Gros programme, mais 2010 durera 12 mois alors...

- Perdre assez de poids pour changer d'au moins deux tailles de pantalon. J'ai un spa prévu à la relâche, faudra faire vite et bien sans perdre trop de seins toutefois (la hantise de toute fille qui veut maigrir qui se respecte).

- Ne jamais dire non à une sortie, même si elle implique la rencontre d'inconnues qui crient:«Ma toune» en essayant de me faire danser. Ouf! Je vais la regretter celle-là, je le sens.

- Moins dépenser pour des futilités comme des boucles d'oreilles, des cigarettes, des plantes, des livres, bref tout ce qui m'apporte moins de quelques heures de plaisir.

- Ne pas m'embarquer trop rapidement avec un homme lorsque je serai à nouveau célibataire et tenter de tirer quelque chose de positif à vivre seule pour la première fois de ma vie. (Ben oui, à la fin du bail, nous nous séparerons à l'amiable pour continuer nos vies chacun de notre côté. (3e déménagement en 1 an et demi, j'ai encore merdé).

- Écrire plus souvent sur mon blog. J'ai des tas d'anecdotes non racontées et je devrais en vivre encore une pléthore si la tendance se maintient.

- Voir plus souvent mes amis.

- Essayer d'être moins cynique. (Est-ce vraiment une mauvaise habitude?)

Donc, si je réussis tout cela, je devrais être ordonnée, plus instruite, plus épanouie, plus en santé et plus riche d'ici l'été. Belle perspective, non? Devrais-je demander à mon entourage de m'interner quelques semaines le temps de faire le sevrage de tous mes travers? Ou juste faire une femme de moi et devenir adulte pour bien accueillir ma 30e année?

dimanche 22 novembre 2009

LE souper

J'ai survécu. Toute la journée jeudi, je n'ai pas vu miss English teacher et je ne l'ai pas particulièrement cherchée. Elle devait attendre que je fasse les premiers pas, mais elle a attendu en vain et est venue m'aviser, vers 16:05, que c'était bientôt l'heure de partir:

- Madame Marie-Andrée, je vais devoir partir plus tôt avant d'aller à la salle de réception parce que je dois aller mener cette petite cocotte (entre alors une élève de 3e année que je n'avais pas vue) parce que j'ai une entente avec son père. Vous allez me rejoindre vers 16:30?

Dans ma tête: 1- pourquoi elle me vouvoie et m'appelle madame même quand on est juste deux?
2- je sais qu'elle meurt d'envie que je lui demande c'est quoi l'entente avec le
parent, mais si je le fais, on a UN sujet de conversation. Chose à éviter.
3-au moins, elle n'a pas voulu faire de covoiturage...

Mais je réponds:

- Ok, à tantôt.

Et continue à travailler, ne levant même pas la tête pour vérifier si elle est partie.

J'arrive avec 5 minutes d'avance à la salle, mais elle n'est pas encore arrivée. C'est bien parti, on n'aura pas à jaser avant de rencontrer le proprio. Elle arrive, se stationnant super loin de la porte (mauvaise vision? empathie pour les gens qui arriveront après nous? envie de marcher?), elle est définitivement étrange.

À l'intérieur, j'ai droit aux:

- C'est vraiment beau hein?
- En plus, il y a plein de décorations de Noël, on n'aura rien à faire.
- Évidemment quand je me suis mariée, il y avait aussi des décorations, c'est toujours décoré selon la saison.
- Nous c'est cette salle qu'on a réservée. Il y a aussi la duchesse en haut, elle est vraiment super belle. Il y a aussi le solarium où je me suis mariée, mais c'est pour un plus gros groupe que le nôtre, mais il y a une verrière et un balcon. Elle est vraiment super belle. Et il y en a une autre aussi en haut qui est vraiment super belle. C'est vraiment un bel endroit pour faire un mariage ou un party.
- Derrière la porte c'est P... le proprio. Il est vraiment gentil. C'est lui qui a organisé mon mariage.

Je me dépêche de changer de sujet avant que le mot mariage ne me fasse vomir sur le plancher immaculé et lui demande quelles confirmations elle a reçues. Elle commence par me nommer mes amis, espérant secrètement que nous allons nous asseoir avec elle. Uu dernier souper d'école, on a ri à s'en décrocher la mâchoire et elle nous a dit le lendemain: «Je sais avec qui je vais m'asseoir la prochaine fois. Il était là le party...». Elle enchaîne en commérant sur l'absence d'une enseignante et d'un enseignant au souper de Noël en disant qu'il y a anguille sous roche, qu'il y a sûrement quelque chose entre eux. Bref, n'importe quoi vu les deux protagonistes supposément impliqués, mais elle veut sûrement me montrer qu'elle a un côté bitch dans lequel je pourrais me reconnaître et qui pourrait cimenter une future amitié. Amitié qui me forcerait sûrement à accepter sa prochaine invitation à souper...

Question de me faire savourer le moment, le proprio était au téléphone tout ce temps-là et n'avait pas l'air de vouloir de vouloir se presser pour rencontrer miss English teacher. Probablement pour les mêmes raisons que moi. Il m'apparaissait sympathique.

10 minutes plus tard, nous entrons dans son bureau. Là, j'ai vraiment eu la chienne. Il se présente et dit qu'il va nous organiser ça comme on le souhaite (venant d'un gars dont c'est le boulot, je trouve ça logique), mais je commence à me méfier lorsqu'ils se mettent à parler du mariage de ma collègue comme si ce dernier avait eu lieu le week-end passé. Il a même ressorti le fichier des noms de ses invités, du menu, du choix des nappes et tout et tout! La complicité était palpable et je me disais que ça ne prendrait que quelques temps avant qu'elle ne sorte l'album de sa sacoche pour appuyer ses dires et finalement me montrer de quoi ça avait eu l'air...

On a finalement reçu chacune une assiette avec 4 choix de viandes en sauce pour goûter au menu. Tout ça pour goûter à 4 mini morceaux de viandes! La gourmande en moi en aurait pleuré. Comprenant qu'on ne goûterait ni les entrées ni les vins ni les desserts, j'ai accéléré le processus et j'ai perçu un genre de merci dans le regard de mon interlocuteur. Avais-je finalement un complice dans le bureau? Nous avons ensuite réglé le reste de l'organisation, visité la salle qui nous concernait et après une discussion entre lui et moi sur nos genres d'humour préférés (et avoir découvert plusieurs atomes crochus), nous avons quitté les lieux une fois tout réglé.

Je n'ai pas échappé à la discussion de parking à laquelle je tentais de mettre fin par de subtils «on en parle demain de toute façon», «on expliquera ça aux autres» et «bon, une bonne chose de faite!», mais elle est tenace! 10 minutes plus tard, je retrouvais la quiétude dans ma voiture, me disant qu'il fallait vraiment que j'apprenne à dire non pour de bon.