C'est qui qui doit aller souper avec la collègue qui poursuit les profs de l'école avec son album photos de mariage demain soir? Celle-là même qui profite de chacune des interventions de ladite fatiguante pour rouler de gros yeux découragés. Décidément, je dois apprendre à dire non aux plans foireux au boulot.
Je sais bien que j'aurais dû me méfier lorsqu'elle a inscrit son nom sous le mien sur la feuille du comité social des Fêtes. J'aurais dû voir la chose venir lorsque j'ai remarqué que la signature de l'accro de la formule «mon mari...» était aggrémentée d'un dessin représentant une coupe de martini festive. J'aurais dû comprendre le pétrin dans lequel j'avais mis les pieds lorsque j'ai dit trouver intéressante l'idée de faire le party de Noël à l'endroit même où elle s'était mariée. J'aurais dû partir en courant lorsqu'elle a mentionné les mots «on pourrait aller faire une dégustation pour choisir le menu» en me regardant pour que j'approuve la formule et en faisant du name dropping pour me montrer qu,elle connaissait les prénoms des proprios des lieux. J'aurais dû écouter ma petite voix intérieure lorsque les autres membres du comité ont tous énoncé des responsabilités familiales pour ne pas y aller. J'aurais dû être mieux préparée et prévoir moi aussi des activités les soirs concernant sa proposition. Mais on ne change pas le monde avec des «J'aurais dû».
J'ai sous-estimé le pouvoir des abonnés au rôle de victime. Elle a attaqué au moment où je ne m'y attendais plus et où je n'avais plus aucune raison de dire non. Résultat: demain, je soupe avec la prof d'anglais mésadaptée socialement et, dans sa tête, cela fera de nous des complices (je n'ose même pas penser le mot amies). Un an et demi à la fuir pour me retrouver en tête à tête à discuter filet de boeuf et petits fours avec miss «mariée et fière de l'être». J'en reperds.
Peut-être qu'avec un peu de chance, j'attraperai la A-H1N1 d'ici demain soir...
mercredi 18 novembre 2009
lundi 19 octobre 2009
les raisons pour lesquelles je démissionnerai un jour
- Si on continue de me traiter de crisse de folle, d'écoeurante et d'erreur de la nature parce que je fais bien mon métier.
- Si on ajoute un seul comité de plus à mes déjà nombreux comités social, environnement, activité des bons de mérite, départ à la retraite de notre directrice, à mes soirées données au CE de l'école et à mes fonctions de déléguées syndicales.
- Si je me fais poursuivre pour ne pas avoir donné assez de récupération à un enfant (ou que j'ai perdu ces foutues preuves de récup datant de 2004).
- Mon salaire qui plafonnera à 63 000$ comme si ce qu'on faisait ne relevait pas de l'impossible (être plus divertissante qu'une wii, faire des projets en tout genre, dormir à l'école -et pas que symboliquement-, corriger plus vite que l'éclair pour remettre les notes vite vite vite, non, pas les notes, les évaluations du développement des connaissances, ne plus dire à un enfant «tu peux faire mieux» parce que ce n'est pas encourageant, éduquer certains enfants à la place de leurs parents, survivre à la médiocrité de certains collègues qui n'innovent jamais, ne pas périr sous les piles de formulaires de toutes sortes à remplir- formulaires que personne ne lira de toute façon- et je dois en oublier des tas.
- Si, un jour, le ratio élèves EHDAA/élèves sans difficulté s'inverse vraiment.
- Si la grammaire nouvelle se renouvelle trop souvent.
- Si on continue à niveler vers le bas, tout le temps, au niveau de nos exigences et de ce qui est acceptable de la part des enfants et des parents (genre de ceux qui nous traitent de crisse de folle, d'écoeurante et d'erreur de la nature).
- Si on me demande combien de fois par jour je vais faire pipi en présence élèves au cas où je ne ferais pas mes minutes de cours et leçons.
- (ajoutons les vôtres)
dimanche 4 octobre 2009
rectifions...
Je ne suis pas suicidaire. Je suis juste chialeuse et de plus en plus loin de la dépression. Une fois mes bibittes noires sorties au grand jour, je vais bien. Je serais incapable de me suicider sans avertir au moins 15 personnes. Je suis potineuse de même. Les choses les plus graves me font rire, sans parler des malaises... Quand tout va si mal, je vais en rire pour ne pas en pleurer. Je ne pleure presque plus. Enfin.
Alors, rassurés?
Alors, rassurés?
dimanche 27 septembre 2009
Vieille, frustrée et aigrie: autoportrait peu flatteur
C'est la merde! Mon estime de soi est en cavale, je m'emmerde au boulot comme jamais auparavent et je vieillis à vue d'oeil. Vous vous dîtes sûrement que j'exagère, comme d'hab'. Ce bilan vous convaincra peut-être que ma vie ne vaut plus grand chose.
Frustrée à cause du boulot:
Aigrie grâce à ma vie personnelle
Et vieille...
Je suis fatiguée ce matin. Fatiguée d'être chialeuse, d'être sur le frein et de me questionner quant à savoir où va ma vie tout en sachant que, si je relativise, ce n'est somme toute pas si mal comparativement à d'autres. Ça pourrait être vraiment pire, je pourrais être en train de harceler des gens qui ne veulent rien savoir avec mes photos de mariage...
Frustrée à cause du boulot:
- Nouvelle direction toujours absente. C'est un peu le laisser-aller partout.
- Groupe de 27 élèves qui étaient dans la même classe en 5e et qui se foutent un peu trop du prof. Des têtes enflées et des difficultés d'apprentissages qui ne font manifestement pas bon ménage.
- 3 élèves suivis par des travailleuse sociales à qui je dois rendre des comptes.
- Viens d'apprendre par un courriel reçu vendredi pm que j'aurai une nouvelle élève demain. Deux questions me viennent: pourquoi on ne m'en a pas PARLÉ vendredi à l'école?!? et Où vais-je bien pouvoir la mettre?!? Ma classe déborde déjà à 27 bureaux.
- J'ai reçu une lettre de plainte de parents (rectifions: la lettre a été envoyée à mon directeur) parce que j'ai fait travailler les enfants 3 jours en silence. Suis cruelle de même quand mon équilibre est menacé et que l'humour et la gentillesse ne suffisent plus pour ramener les élèves au calme. Les techniques d'impact, ce n'est pas pour tous les parents, surtout ceux qui travaillent dans le milieu de l'éducation on dirait...
- Une collègue-tache m'a invitée à souper et à dîner et j'ai fait la sourde oreille, espérant qu'elle ne remette pas l'invitation... Qui a envie de souper avec une enseignante qui vous court après pour vous montrer ses photos de mariage depuis deux ans? Qui vous appelle Madame Marie-Andrée et qui vous vouvoie même quand vous êtes seules toutes les deux? Qui parle de son mari comme si on le connaissait personnellement? Et le pire, qui souperait avec une enseignante qui n'a jamais rien à dire et qui vous parle en long et en large de ses interventions nulles auprès d'élèves difficiles? Ben pas moi. Je me cache donc en espérant à ne pas avoir à dire: «Désolée la grande, mais on ne sera jamais amies. Veux-tu vraiment savoir pourquoi?»*
Aigrie grâce à ma vie personnelle
- Je vois mon chum 2 jours par semaine, samedi et dimanche. Hier soir, sans que je ne comprenne ce qui s'est passé, on a arrêté de se parler. Comme ça. Et ça perdure ce matin. C'est vraiment plaisant de ne pas comprendre ce qui se passe. Mais je ne fais pas les premiers pas. Des enfantillages comme ça, franchement. Mais il se dit sûrement la même chose, donc on recule plus qu'on avance.
- Je n'ai rien à faire de mes soirées et je veux m'inscrire à un certificat par correspondance, mais je remets tout au lendemain. Est-ce déjà la déprime automnale?
- Mes amies sont toutes devenues propriétaires en moins d'un mois, je me retrouve dans mon appart, à Verdun, loin de tout le monde, réalisant que je ne pourrai sûrement jamais plus devenir propriétaire avec la hausse des coûts des maisons et j'attends de passer chez le notaire pour perdre officiellement ma maison et reculer d'un bond de géant. Si c'est pour mieux sauter qu'on recule, j'annonce officiellement que je vais passer tout droit quand je vais me décider à sauter. Trop d'élan...
Et vieille...
- Chaque deux ou trois jours, je trouve un putain de cheveux gris ou blanc dans mon abondante chevelure. Panique.
- Mon tunnel carpien s'est allongé, inspiré par le métro de Montréal?, jusqu'au coude. Je souffre chaque nuit, mais j'ai si peur d'une opération que je mets du deep cold et j'espère que ça va finir par passer. Avec un chum sans permis de conduire, la dernière chose qu'on veut quand on habite loin de tous, c'est de se voir priver de conduire sa voiture.
- Me sens moche, pas d'énergie. Devrais m'inscrire au gym, mais j'haïs ça. Pis mon linge est serré. Trop serré. Misère.
- Tic tac tic tac. Vais avoir 30 ans cette année et j'entends la saleté d'horloge biologique qui me rappelle que si, un jour, je veux des enfants, faudrait placer mes cartes tout de suite avec, genre, un chum qui sait ce qu'il va faire dans la vie, une maison, des REER. Les trucs d'adultes, quoi. Et j'ai la chienne de ne pas y arriver. De rester la matante de service qui aurait peut-être dû fermer sa gueule avec sa grande idée d'un meilleur bonheur et rester dans sa vieille maison avec son ex-pas-si-mal-que-ça, finalement. La solution facile c'est tentant quand on déprime et qu'on perd de vue ce qui nous a amené là où on est rendu.
Je suis fatiguée ce matin. Fatiguée d'être chialeuse, d'être sur le frein et de me questionner quant à savoir où va ma vie tout en sachant que, si je relativise, ce n'est somme toute pas si mal comparativement à d'autres. Ça pourrait être vraiment pire, je pourrais être en train de harceler des gens qui ne veulent rien savoir avec mes photos de mariage...
mardi 15 septembre 2009
C'est mon ami
Enfin un nouveau blogue de prof à squatter. Et c'est même mieux qu'un nouveau blogue d'enseignant. C'est mon ami. Allez voir ça chez monsieur Bergeron. On risque de se dilater la rate si mes souvenirs d'université lui sont toujours aussi fidèles.
(Par contre, on espère qu'il ne sera pas toujours en train de parler de hockey...)
(Par contre, on espère qu'il ne sera pas toujours en train de parler de hockey...)
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