dimanche 27 janvier 2008

Savoir s'arrêter (coeurs sensibles s'abstenir)

Ce qui est bien lorsqu'on prend de l'âge, c'est qu'on est censé devenir moins con. Avec les années, on a accumulé des tas de connaissances qui devraient nous faire paraître cultivés, on devrait se connaître mieux et réagir plus posément qu'avant, on est aussi censé devenir plus raisonnable aussi et il nous arrivera même de nous dire que certaines choses ne sont plus de notre âge. Malgré les années qui passent, on dirait que je n'arrive tout simplement pas à devenir digne de mon état d'adulte.

Comme j'aimerais pouvoir dire que je suis, à l'aube de mes vingt-huit ans, devenue calme, réfléchie et sage. Oh, il m'arrive parfois d'avoir une attitude de matante, ça oui. Mais je n'agis malheureusement pas toujours comme une adulte responsable. Cette semaine, je rouspétais comme une ado sur tout ce qu'Amoureux pouvait dire. Je me sentais baveuse, revendicatrice et victime, comme mes élèves. Je me suis vite aperçue que je n'agissais pas comme une respectable jeune femme qui s'approche de la trentaine, une enseignante se devant de prêcher par l'exemple de surcroît. M'excusant de mon attitude plutôt pénible, j'explique à Amoureux qu'il m'arrive encore de penser et d'agir comme si j'avais encore 19 ans. Afin de me faciliter la tâche, il rétorque :"Dis-moi quelque chose que j'ignore?".

Un peu piquée par sa dure réponse à ma tentative de prise de conscience, j'ai longuement mûri la chose. J'ai eu une attitude si digne et responsable pendant les jours qui ont suivi que je me suis surprise moi-même. "Chassez le naturel et il revient au galop" dit-on... Et bien hier, j'ai été hyper mature en faisant comme si j'allais bien tout en ayant bu plus de vin que ma capacité d'absorption de liquide ne le permettait. Dans la voiture pour revenir à la maison, la maturité m'a fait faux bond lorsque j'ai constaté que je serais éventuellement malade. Sous les regards amusés d'Amoureux qui claquait des dents (puisque nous roulions la vitre baissée), j'ai tenté de rester digne en me procurant moi-même le sac dans lequel j'allais vomir sous peu. J'ai même eu la délicatesse de m'excuser entre deux (très peu chics) soulèvements d'estomac. Sans sangloter sur mon humiliant sort, j'ai tenté de ne pas me vomir dessus. Là aussi, j'ai échoué.

Ce matin, la tête douloureuse comme à chaque fois que je n'écoute pas ma voix intérieure qui me dit d'arrêter, la bouche sèche et les lèvres craquées, j'ai dû subir les regards moqueurs de mon amoureux et, le comble, nettoyer mon manteau! Question que cet échec dans ma tentative de devenir raisonnable ne soit pas relégué aux oubliettes, mes parents sont venus nous faire une petite visite surprise et se sont marrés, pour la énième fois, de me voir dans cet état. C'est dur de vieillir et de rester digne quand on est impulsive et que l'abus fait partie intégrante de notre personnalité. J'avoue même m'être dit pendant que je vomissais dans ma bagnole qui roulait à 120 km/h sur l'autoroute 13: "Humm, au moins la raclette et la gâteau au chocolat de ce soir ne me feront pas engraisser.". Elle est longue la route de la sagesse!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai moi aussi beaucoup de difficulté à écouter ma voix intérieure lorsqu'il est question d'alcool. Faudrait pas faire le party ensemble, ça serait laid !

Si ça peut te consoler ( et peut-être te faire rire aussi ) j'ai un collègue de travail qui a déjà vomi dans sa sécheuse après une soirée très, très arrosée.

Machavalou

L'ensaignant a dit…

Et quand tu l'auras trouvé, tu m'indiqueras le chemin. Ça fait du bien de lire que la belle folie ou bien, n'ayons pas peur des mots, les conneries, ne sont pas toutes réservées pour moi sur cette Terre.

Amusant :) (à lire!)