vendredi 6 mai 2011

MERDE!!!!!!!!!!!!!!!

Je n'aurais dû jouer avec les paramètres avant de me faire opérer au poignet droit. Je veux ravoir mon blogue tout blanc, bon! Siiiiiiiii décevant.

mardi 3 mai 2011

jour de deuil

Qui l'aurait cru? Un gouvernement conservateur majoritaire! J'ai porté du noir au lendemain des élections. J'ai expliqué à mes élèves que ça me rendait triste de voir notre pays donner ainsi le pouvoir à un gouvernement si loin de mes valeurs.

Il nous faudra être vigilants. Tous les projets de lois bloqués par l'opposition au cours des derniers mois pourront désormais être votés en chambre sans que nul ne puisse y changer quoi que ce soit. Nous nous sommes réveillés ce matin-là dans un pays où règneront le manque de transparence, les valeurs capitalistes, la diminution des subventions à la culture, l'augmentation des dépenses liées à l'armée et au système pénal, l'oubli des normes environnementales, la prolifération des armes à feu non enregistrées, l'arrêt des négociations sur l'équité salariale et j'en passe.

Quelques faits à se rappeler pour célébrer la chose comme il se doit:

- notre premier ministre ne répond aux questions des journalistes que si celles-ci lui ont été remises à l'avance.


- notre gouvernement a dépensé plus d'un milliard de dollars pour le sommet du G20 et du G8 de 2010


-notre premier ministre a été reconnu coupable par le Président de la chambre d'avoir brimé les privilèges du Parlement et ce, 3 fois en 1 an.


- notre gouvernement a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour l'achat de 65 avions de chasse, accusant même l'opposition de ne pas vouloir encourager l'industrie locale en aéronotique et de vouloir mettre la vie de nos «braves soldats canadiens» en péril. Après les sous-marins qui sous-marinent pas, les hélicoptères qui n'hélicoptent pas, les avions de chasse qui ne démarrent pas dans pays où les climats sont froids, une autre belle raison de faire rire de nous par la puissance mondiale qui nous voisine.


- chez nos amis les conservateurs, avoir le choix en matière d'avortement semble être plutôt mal perçu. Les députés conservateurs pro-vie ne sont pas gênés de s'exprimer sur le sujet (les mois de mai et juin au bas de la page sont particulièrement éloquents). Une chose à ajouter? Mon corps c'est mon corps, ce n'est pas le tien!


- le projet de loi C-32 concernant nos artistes sera sûrement remis à l'ordre du jour. On ne leur souhaite pas. Les coupures à prévoir chez Radio-Canada non plus. La fin de nombreuses subventions pour les arts seront dures à vivre pour nos industries.


Pis le plus drôle dans tout ça?
-Une opposition pleine d'expérience et majoritaire. Mon député a un nom de soupe. Il a l'air d'avoir 24 ans. J'ai cherché ses affiches électorales et j'ai dû faire 3 km pour en trouver une. Toute mini. Je me demande toujours si c'est le gars du dépanneur, d'ailleurs.

Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes,
Je suis heureuse de pouvoir vous dire ma fierté de voir le retour de nos bonnes vieilles valeurs canadiennes!

dimanche 1 mai 2011

innocent jusqu'à preuve du contraire, l'aurait-on oublié?

Le système anglais nous aura permis ce luxe inouï. Ici, nous sommes innocent jusqu'à preuve du contraire. Toutefois, je soupçonne plusieurs personnes de l'avoir, consciemment ou non, oublié. Il y a quelques jours, une nouvelle dévastait le milieu de la littérature jeunesse ainsi que la vie de nombreuses personnes. Un auteur jeunesse, extrêmement populaire, a été accusé d'avoir abusé d'une de ses lectrices mineure. L'hétacombe a suivi l'annonce de cet événement.

Tout d'abord, j'aimerais parler de la façon dont cette annonce a été faite. Les cas d'abus sexuels sur mineurs, au Québec, sont légion. On ne peut le nier, on en a plus d'un joyeux compère qui se fait accuser d'avoir voulu salir l'innocence. Ici, comme partout ailleurs. Mais sont-ils tous coupables? Je me souviens de cette histoire, malheureusement pas si lointaine, d'un enseignant de ma commission scolaire qui a été faussement accusé. Voyez-vous une différence dans le traitement? Le fait que Maxime Roussy ait été accusé, celui dont le visage est connu de tous ceux qui s'intéressent un peu à la littérature jeunesse a eu un tantinet plus d'exposure que la sortie du huitième tome de son dernier roman pour ados. Il y a eu Brian Perro, Christine Brouillette, Robert Soulières et il y a maintenant Maxime Roussy. 250 000 exemplaires de la série Pakkal vendus. 12 tomes. D'aussi belles prévisions pour Le blogue de Namasté que les filles (et les garçons, en secret) s'arrachent. 8 tomes. Des tonnes de conférence dans les salons du livre, dans les écoles. Des prix littéraires. Des fan-clubs. Invité d'honneur au Salon du livre de Montréal. Tout ça en quelques années à peine. Il est un des rares auteurs jeunesse du Québec qui est capable de faire vivre sa famille avec sa passion. Les jeunes ne l'aiment pas. Les jeunes l'ADORENT. Il parle leur langage, leur fait vivre leurs émotions, les passionnent pour quelque chose, les fait lire. Et rêver.

En ce moment, il va sûrement mal. Pour un agoraphobe guéri de ses attaques de panique, savoir que tout le Québec, que certaines personnes parmi les gens qui le connaissent et qui l'aiment sont en train de le condamner sans avoir entendu sa version ou les moindres faits doit être d'une atrocité monumentale. Il doit vouloir mourir. Lui, qui était même devenu le porte-parole du volet jeunesse de Phobies-zéro, doit être en train de regretter être en vie en imaginant ce dont nous sommes témoins. Tout ça bien sûr en se rappelant que son projet de film sera mis sur la glace et qu'il n'est plus porte-parole de personne. Qu'au lieu de le soutenir et de l'aider en ce temps de crise (Agoraphobe... Phobies-zéro... On veux-tu juste des subventions?!?), on est en train de lui assurer des jurés influencés par les mots «pédophile» et «abuseur». Des mots qu'on a accolé à son nom dans tous les médias pendant 3 jours.

Présomption d'innocence. Nous faudra-t-il le perdre pour se rappeler qu'on l'avait?

Dans le cas de l'enseignant de ma commission scolaire, il a été reconnu innocent et il s'est avéré que les 19 jeunes filles qui avait porté les accusations avaient fomenté un complot. 19 jeunes filles. Croyez-vous que le doute est à jamais effacé pour les bonnes gens qui n'ont à coeur que de se méfier de tous? Croyez-vous que son employeur s'est excusé de l'avoir lâchement abandonné en lui refusant tout salaire pendant deux ans? Pensez-vous que se payer un avocat pendant plus d'un an, que passer une nuit en prison, que de se sentir jugé par tous les regards qu'on croise, ça s'oublie vite? Henri, lui, n'a toujours pas réussi à obtenir ses deux ans de salaire de la commission scolaire. Il n'arrive plus à enseigner avec plaisir. Et enseigner, sans plaisir, je vous jure que c'est douloureux. Il survit à tout ce stress.

Le procès de Maxime Roussy sera en juin. Dans un mois. Nous en saurons plus dans un mois. Un mois de qu'en dira-t-on, de regards méfiants, de commentaires de pères outrés, de mauvaises blagues, d'amis perdus, de larmes versées par ses 4 petites filles, son amoureuse et sa famille qui le soutiennent, ou encore d'intimidation à la maison parce qu'un journal a publié son adresse... C'est long. Pas le «c'est long!» que je peux dire au guichet. C'est vraiment très long. Je lui souhaite bon courage. Il en aura besoin.



Note à moi-même:
J'espère que je n'aurai pas à effacer de messages haineux. Come on. Si Vous en avez envie, faites-moi le plaisir de ne jamais remettre le nez dans ma vie. Virtuelle ou pas.

jeudi 21 avril 2011

Si attachante...

Ça fait un bail, mais, comme on me réclame à tous vents, je viens écrire afin de ne pas tomber dans l'oubli total. Je pourrais vous dire que ma douloureuse absence de ce carnet virtuel est due à mon stage d'enseignante sans frontières ou parce que je me suis occupée de mon voisin en phase terminale du cancer, mais me croiriez-vous? Ishhhh... C'est la procrastination (toujours elle) qui s'est emparée de ma personne depuis plusieurs mois. Ça et le manque flagrant d'anecdotes croustillantes, évidemment.

Ma vie est devenue un long fleuve tranquille. Mes amis les plus proches ayant tous décidé de fonder une famille ou de trouver l'âme soeur au même moment, mes occasions de sortir ont chuté autant que mon envie d'aller faire le plein lorsqu'on annonce que le baril de pétrole a atteint des sommets historiques. Ma banque de maladies a subi un régime amincissant à cause de toutes les gastros/rhumes/grippe/bronchite que j'ai eu le plaisir de traverser cet hiver. Mon portefuille aussi est au régime sec. À vivre seule, on est un tantinet plus fauché qu'un itinérant sur le coin d'une rue stratégique. Tant de joies pour un seul individu, franchement, ça craint.

Mais je ne suis pas revenue pour me plaindre. Oh non! Ben oui! Z'êtes naïfs si vous avez cru cette imposture! Je suis une plaignarde assumée. Mais une plaignarde assumée si attachante... Au registre de mes injustices personnelles? La liste est longue, mais comme vous vous en doutez sûrement, vous n'en serez pas dispensés. Question d'achever de vous convaincre de ma mauvaise foi, je suis enseignante. Comme le scande l'opinion publique, «Vous autres, les profs, vous êtes toujours en train de chialer.»

En conséquence, les prix de mes plus grandes sources de frustrations vont à

- la mère d'un de mes élèves qui est venue se plaindre que je manquais trop souvent! Qui d'autre que moi pouvait attraper la gastro, une grippe et une bronchite en 2 semaines? Et bien la mère de ce garçon qui a manqué 17 jours d'école depuis septembre (dont la moitié sont des vendredis parce que c'est bien connu, les vendredis on ne fait RIEN à l'école), elle, trouvait que je n'avais pas le droit d'être malade. Elle va sûrement faire une plainte à la commission scolaire quand je m'absenterai pour un mois afin de me faire refaire un beau tunnel carpien tout neuf.

-ces parents qui ne veulent pas nous écouter lorsqu'on leur explique que leur enfant ne va pas bien. Sur 28 enfants du même âge, je n'en ai pas moi, de points de comparaison crédibles! À preuve, la mère de ce matin à qui je disais que sa fille avait besoin d'aide pour se concentrer. J'en ai vu des enfants weirds en une décennie passée dans le milieu de l'éducation, mais weird sans même s'en apercevoir de même, c'est impressionnant. «A vas ben! Pis j'ai lue dans le journal de monrial que vous autre les profes vous donniez des penules aux enfants pour avoir la paix d'en classe. faux que je te lesse, ma cliente viens d'arivé pour sa pose d'ongles.» Ça ne s'invente pas. Je devinais les fautes d'orthographe dans sa voix. Je peux vous affirmer que la relève, pour les esthéticiennes, s'annonce bien. Je prévois du contingentement même si je me fie au nombre de fillettes de ma classe qui ont des parents qui ne valorisent pas les études et qui ne supportent pas leurs enfants.

-ce monstre à cent têtes qu'est le ministère de l'éducation, du loisir et du sport. Premièrement, selon mes valeurs, l'éducation, les loisirs et le sport ça ne va pas ensemble. C'est beau s'épanouir
avec notre équipe de balle molle et vibrer de plaisir à jouer une délirante partie de dames, mais ça ne va pas avec l'éducation. Surtout quand ces secondes parties du trio sont favorisées au détriment du premier. Mes élèves qui ne passent pas dans 3 matières sur 7 (genre math, français, anglais) et qui manquent les cours pendant 2 jours pour leurs deux tournois de hockey annuels, ça me fait chier. À dix ans, ta priorité, c'est d'asseoir les bases de ton avenir en apprenant à parler, écrire, compter et lire correctement. Call me Cruella si vous voulez, mais mes élèves n'ont pas de privilèges, ils ont des devoirs et des études, je ne donne pas d'argent scolaire, les périodes libres sont rares et méritées, on fait une dictée, 4 verbes et des maths en révision chaque matin. Les élèves des autres classes chuchotent dans mon dos que ça doit pas être cool être dans ma classe. Mes élèves m'adorent et s'améliorent. Bon, je n'ai pas encore atteint le 90% de taux de réussite en français exigé par ma commission scolaire et je reçois des mots de parents pas toujours agréables à lire, mais ils s'enmieutent pour vrai.

-ces parents qui pensent que j'ai juste ça à faire, leur téléphoner pour savoir comment ça se fait que leur enfant a une retenue pour devoirs non faits. Ou encore pour leur expliquer pourquoi je n'ai pas vu la faute à la page 22. Ou parce que leur enfant a eu une conséquence alors que sa victime l'avait c-l-a-i-r-e-m-e-n-t provoqué. Pis, by the way, on a vraiment besoin de nos journées pédagogiques. On fait pas ça pour les obliger à s'occuper de leurs enfants. On a le temps de les appeler ces journées-là. On a le temps d'appeler la psychologue, la travailleuse sociale, de parler avec les techniciens en éducation spécialisée et aux autres profs pour aider leur enfant. On planifie nos journées, on corrige, on suit des formations pour apprendre de nouvelles façons d'aider leur enfant à mieux apprendre. Ce ne sont pas mes enfants et j'en fais plus pour les soutenir que leurs parents. Bordel!

-ces services aux enfants en difficultés qui sont promis, qui sont sur le papier et qu'on ne voit pas. Une de mes élèves entend des voix. Ça la rend anxieuse. Elle pleure quand ça arrive parce que, parfois, ces voix sont trop fortes et que ça lui fait peur. Je ne suis pas une alarmiste de nature, mais entendre des voix ne sonne pas nécessairement sain à mon oreille. Avisé en février en même temps que moi, mon directeur a fait la demande à la psychologue de rencontrer la petite dès que possible. Ce devrait être possible en juin. Sinon, ça ira en septembre l'an prochain. On a une psychologue, 2 jours par semaine dans notre école de 630 élèves. Notre clientèle compte 8 autistes , deux groupes d'élèves en troubles de comportement, plusieurs élèves avec le syndrôme de La Tourette, des enfants abusés, des enfants en deuil, des petits anxieux, dépressifs, violents, alouettes. Je ne vous parle pas des 45 minutes d'orthopédagogie auxquelles mes élèves en grande difficulté ont droit à chaque semaine. On donne du service. On se déculpabilise. Ça met un diachylon sur la jambe coupée.


-ce mythique bulletin unique qui a été annoncé l'année passée. Qui a été reporté à septembre 2011 en septembre 2010. Le MELS n'était pas prêt. Il était trop occupé à ne pas signer notre convention collective négociée des mois auparavant. Les conseillers pédagogiques, nos profs à nous, ne maitrisent pas encore ces nouveautés. Ils n'ont pas vu l'ombre du bulletin. Certaines écoles auront la formation sur la façon d'évaluer en vogue le 28 juin. Pertinent. On s'assure d'avoir les conditions gagnantes...

-la progression des apprentissages qu'on réclamait depuis 10 ans nous a été remise cette année. (Ça indique ce qui doit être montré en 1ère, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e années.) En la lisant, on s'aperçoit que les exigences en français ont tellement été révisées à la baisse que c'en est honteux. Ils seront dipômés nos enfants, mais il ne vaudra pas cher notre diplôme à côté de celui de la France ou de l'Inde. On sera bientôt aussi incultes que nos admirables voisins du Sud.

Tout ceci m'amène à penser qu'avoir des enfants devrait être un privilège. C'est horrible à dire. J'en suis bien consciente. Mais je les côtoie au quotidien les enfants. Il y en a pour qui je suis la seule adulte qui les écoute, les regarde, leur sourit, leur donne confiance en eux. Je ne suis pas payée pour en réchapper. Je suis payée pour enseigner. J'enseigne les maths, le français, les arts, l'éthique et culture religieuse, l'histoire, les sciences, l'informatique. Je suis formée pour ça. Et ça me tue de voir que mes élèves, avec tout ce qu'ils vivent, n'ont pas la tête à étudier. Vous savez maintenant que je suis sensible, sous mes dehors piquants de chialeuse finie. Mais je suis si attachante...

vendredi 28 janvier 2011

Enrhumée et déchue

Pensez-vous qu'un jour, à force de jouer trop souvent au free cell, il est possible que l'ordinateur dise: «Désolé, vous avez épuisé la banque de possibilités de jeux. Maintenant, trouvez-vous une vie!»?

Quand on découvre, un vendredi soir, qu'on est abonné à La chaîne aquarium ET au Aquarium channel en HD, on se questionne sur ses choix de vie.

Le rhume une fois par mois, ça peut être notre corps qui essaie de nous glisser un mot ou deux?

Suivre plus de séries télé serait-ce humainement possible?

C'est sûr qu'aller à la bibliothèque emprunter quelques romans policiers bien noirs serait envisageable sans cette amende pour retard qui doit maintenant atteindre le prix d'un bruch au resto.

Est-ce que ça se peut une greffe de tite-peau de dessous de nez qui est désquamée par de trop nombreux rhumes?

Je me demande si on peut développer un acouphène en fréquentant un enfant qui a le syndrôme Gilles de la Tourette et dont le tic est de renifler comme un buffle aux 5,7 secondes?

Si je n'allais pas dans le Sud avec mon amoureux pour fêter mes 3* ans, je crois que je perdrais ma naïveté pour de bon avec tout ce positivisme. Vivement les drinks colorés fournis à toute heure du jour et de la nuit, le soleil, la chaleur, la farniente, le sexe et, sûrement, une sympathique diarrhée du voyageur!