lundi 3 août 2009

La cigale et... les perce-oreilles (basée sur une histoire vraie)

La cigale ayant chialé tout l'été,
Se retrouva fort dépourvue, lorsque août fut venu.
Pas un seul petit paiement de l'assurance-emploi, ,
Alors qu'elle n'attendait que cela.

Fidèle à elle-même,
Elle ne faisait rien de ce qui était dû le jour même.
La cigale, contre le mauvais temps, pestait,
Se disant quand même que tout l'été il y avait.

Un dimanche matin, où sur Dr house elle veillait,
Le téléphone lui annonça,
Straight pipe, sans flafla,
Que ses parents dans une heure ou deux passeraient.

Ce fut sans doute, ce qui la réveilla.
L'opération ménage elle commença,
Car de toute façon, la pluie jamais ne cesserait
Et il fallait que ce soit fait!

Ce sursaut d'adrénaline,
Eut sur elle l'effet de l'épinéphrine.
(Elle regarde trop Dr House, j'imagine.)
La cigale se dit que désormais elle serait fine
Et que, plus jamais, elle ne reporterait
Ce qui devait être fait
Aux prochaines et lointaines matines.

Cette fois-ci, elle en était sûre,
Sa résolution serait, comme du béton, dure.
Elle allait devenir adulte et le prouver
À ses parents et ses créanciers.

Après avoir payé toutes ses factures,
Bu les dernières bouteilles de vin,
Elle constata qu'elle était en bien mauvaise posture,
Mais cela ne l'arrêta point.

Elle alla donc crier famine
Chez Visa, tout comme ses voisines.
On l'y accueillie chaleureusement,
Elle dépensait tellement!

Une fois la chose faite et oubliée,
Elle alla prendre une marche dans le quartier.
Pénétra dans une librairie climatisée
Et acheta le dernier tome de Jean-Jacques Pelletier.

Émue par son achat,
Elle n'allait certes pas en rester là!
Sous prétexte de sa marche continuer,
La pharmacie plus loin était toute désignée...

Ayant déjà oublié les comptes,
La cigale s'émerveilla devant les lotions auto-bronzantes.
Puisque l'été ne suffisait plus pour être bronzée,
Elle pouvait peut-être tricher!

Mue par un sursaut de lucidité,
La cigale décida de quitter
Avant que ce ne soit les huissiers
Qui seraient mandatés pour lui rappeler sa capacité de payer.

De retour dans son appartement,
Elle aperçoit son chat charmant,
Qui joue avec ce qu'elle suppose être un courant d'air.
C'est à ce moment qu'elle s'approche et voit le perce-oreilles sanguinaire!

Estomaquée et dégoûtée,
Elle accourt sur Internet pour trouver
Que faire avec cette bestiole qu'elle n'a pas invitée
À venir chez elle squatter.

Elle y apprend que ces insectes peu scrupuleux,
Vivent dans les milieux plus humides que peu.
On lui montre aussi,
Comment sournoisement piéger l'ennemi.

Elle sait bien qu'elle devrait, son piège, bâtir,
Mais remettre à demain ne va pas lui nuire.
Car voyez-vous la cigale,
N'a que la procrastination comme égale.
Et ses belles résolutions s'envolent comme au vent des pétales.



********


Trêve de fabulations,
J'ai la semaine prochaine, au syndicat, une réunion,
Pour laquelle je devrai me lever
Avant que 8h00 soit sonné.
Comment y parviendrais-je,
Moi qui ne suis jamais couchée
Avant que ne tombe la neige
Sur les chaînes de télé?

Puisque mon avenir risque de s'y jouer,
M'enfin, pour la prochaine année,
Je devrai les fesses me botter
Et plusieurs cadrans installer!

mercredi 29 juillet 2009

SPLENDEURS ET MISÈRES D'UNE VERDUNOISE

Déjà deux mois à Verdun et je m'y plais plus que prévu. Bon c'est sûr que tout n'est pas rose, mais serais-je heureuse sans motif de me plaindre? Humm. Mon couple multiculturel tient le coup malgré les différences, les ressemblances, mes éclats de colère, mes angoisses, les déceptions de mon amoureux qui constate que la vie n'est pas plus douce après sept ans d'exil au Québec et malgré l'été qui tardait à arriver et qui, soudainement, me fait périr de chaleur!


Mon environnement immédiat est tellement propre que le jour des poubelles ressemble à Noël tant c'est «décoré» partout. Les voisins sont si charmants qu'ils nous saluent toujours en rotant ou en crachant de l'autre côté du treillis qui borde notre terrasse. Hot Man et moi nous pratiquons donc à cracher et à éructer pour leur rendre la pareille, mais il faut sans doute des années de pratique pour arriver à une telle spontanéité.


Depuis mon installation, j'ai appris que les gens ici ont une conception de la mode très particulière. Aller au dépanneur en pyjama est banal, c'est presque un concours tacite quant à savoir qui aura le plus d'audace dans son choix de vêtements de nuit usés et/ou dépareillés. Je me demande pourquoi je continue de prendre la peine de «matcher» mes sandales et mes vêtements lorsque j'ai à sortir alors que je devrais me fondre dans la masse et assumer mon nouveau statut de Verdunoise. D'un autre côté, on ne se sent jamais ordinaire ou moche. Je revendique avec fierté le fait de porter un soutien-gorge pour sortir, ce qui me différencie de bien des femmes du quartier! On a de la classe ou on n'en a pas, tsé!

Il y a quelques trucs étranges dans le coin que je n'arrive toujours pas à expliquer:

- Pourquoi, tard le soir, un sac en plastique gris est accroché à la clôture bordant ma plate-bande pour disparaître le matin venu? M'étonnerait qu'un malotrus laisse ainsi les excréments de son chien là et qu'un bon samaritain les ramasse pour les jetter.

- Pourquoi les voisins d'en face arrachent-ils la brique sur leur immeuble sans couvrir le mur de bâches protectrices contre la pluie? Leurs échafaudages feraient peur à un alpiniste doué ce qui démontre leurs capacités à s'occuper de restaurer une façade de façon sécuritaire.

- Pourquoi la vieille dame d'à côté force-t-elle son pauvre chien miteux à prendre une marche tous les matins alors que le son de ses griffes sur le trottoir nous indique clairement qu'il n'en a aucune envie? Peut-être qu'il l'aide à se sentir en sécurité, mais je ne ferais pas confiance à un chien qui couve sa vengeance d'être tiré de la maison de force chaque matin.

- Pourquoi y a-t-il tant de dépanneurs sur ma rue? Sûrement parce qu'il y a beaucoup d'acheteurs de bières et cigarettes. Tout de même pratique lorsqu'on manque de lait, de jus d'orange ou de cigarettes.

- Pourquoi retrouve-t-on autant de chats, raton-laveurs et mouffettes dans mon quartier? Un chat gris a élu domicile sous mon hamac et la bête puante a donné à Hot Man une occasion de me montrer ses savoureuses connaissances sur la dangeureuse faune du Canada... Rien de plus crédible qu'un Marocain qui n'a vu de la nature de son pays d'accueil que les terrains de golf jouxtant les environs.

Dit comme ça, ça dresse un portait plutôt nul de la chose. Cependant, nous sommes à 10 minutes du centre-ville et des festivals, le marché Atwater est tout près, j'ai toujours du stationnement pour ma bagnole, la piste cyclable (que j'utilise tous les jours *toux gênée démentant l'affirmation*) passe devant l'appartement. J'aime la ville. Finalement. Même s'il m'arrive tout de même de regretter la fin de mon beau rêve de maison centenaire à la campagne...

mercredi 17 juin 2009

toujours vivante (quoique un tantinet amochée par la fin d'année)

Je n'ai pas écrit ici depuis des lustres, mais j'avais d'excellentes raisons de négliger autant mon blogue. Ce n'est pas qu'il ne m'est rien arrivé, mais planifier trois déménagements (mon appart en colocation, ma maison et l'appart de Hot man pendant que ce dernier profitait du chaud soleil du Maroc), corriger les centaines d'examens du ministère, remplir des tas de paperasses liées aux bilan de fin de cycle, participer aux portes ouvertes à l'école, être assaillie de soupers de fin d'année au CE et au syndicat, défaire les boîtes, aider mon amie Josée à la pépinière en plus de faire une sortie à la Ronde et un voyage de deux jours à Ottawa avec mes mousses m'a littéralement mise K.O.



Les deux premières semaines après notre emménagement à Vardun, je dirais que mon couple a été mis à rude épreuve. Ma gestion du stress qu'on pourrait qualifier de quasi-nulle et la tolérance de mon amoureux envers mes doux ronronnements nocturnes sont peut-être à blâmer...



Je suis allée chercher mon amoureux le 28 mai à l'aéroport. Le 29, le 30 et le 31 nous avons profité de nos retrouvailles pour faire ce que tout couple aurait fait dans notre situation: des boîtes, évidemment! Tout à ma planification de nos déménagements respectifs, il m'avait paru raisonnable de réserver ses déménageurs pour le 1er juin. Hot man a donc déménagé 4 jours après son retour dans ce qu'il qualifiait depuis le début «d'appart pourri». Il était découragé de la poussière et ne cessait de répéter que c'était pourri, sale et qu'on n'allait pas rester là longtemps de toute façon. Heureusement que mes parents, mon frère et mes copines sont venus m'aider à rendre l'endroit plus vivable avant mon/mes déménagements!



J'avais peur, en déménageant en appartement encore que ce blogue ne mérite plus de s'appeler La foire aux rénovations, mais je peux remercier monsieur R., car rénovations il y eut! Quand j'ai visité ce logement pour la première fois, il m'avait paru parfait. Pour ma défense, je venais quand même d'en visiter une vingtaine tous, plus décourageants les uns que les autres. J'avais mentionné mon enthousiasme au proprio en m'extasiant sur le bleu choisi pour un mur du bureau. Mon emballement n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd puisque m. R. a décidé de peindre d'autres murs de cette belle nuance de bleu (1 mur dans CHAQUE PIÈCE pour être précise). Lors de ma visite de l'appart pourri, je m'étais questionnée quant à savoir si nos laveuses/sécheuses frontales entraient dans le garde-robe qui leur était assigné. Mon proprio m'obstinait que ça entrait et mon point était que ça entrait peut-être, mais que ça ne servirait à rien puisque les portes des 2 appareils n'ouvriraient pas. Mineur comme problème, mais essayez d'avoir l'air crédible lorsqu'on vous donne toujours un gros 22-23 ans et que vous êtes une fille, handicap profond pour tout ce qui touche aux rénovations. Plutôt que de se chicaner, monsieur R. m,a promis que si ça n'entrait pas, il allait m'ouvrir le mur et rénover pour nous accomoder.

Évidemment, il a dû ouvrir le mur et nous avons passé une semaine dans la poussière de plâtre. Que de doux souvenirs! Hot man n'en revenait pas de combien c'était crade et j'en ai entendu parler pendant des jours. Le jour de mon déménagement, Hot man a rencontré ex-Amoureux et sa blonde à la maison et ce fut bien sympathique. C'était presque parfait comme journée; il ne faisait pas trop chaud et il ne pleuvait pas. Seul petit hic, c'était la journée du tour de l'île à vélo. Un léger détail auquel, en bonne banlieusarde/campagnarde, je n'avais jamais songé. 1 heure de trafic pour arriver à destination. J'en aurais pleuré. C'est d'ailleurs la seule fois de ma vie où j'ai été impolie avec des policiers...

Cela fait maintenant presque un mois qu'on est installé. Les boîtes à fleurs et les pots de terre cuite envahissent la terrasse, les fantastiques meubles IKEA de mon chum sont tous assemblés *insérez ici un cri primal libérateur*, l'appart est propre, on a fait une plate-bande, on a visité le quartier, je me suis fait demander combien d'enfants j'attendais par une vieille dame souriante qui a continué de sourire lorsque je lui ai dit que je n'étais pas enceinte (c'est sûr qu'à Verdun, la mode des tailles Empire n'existe pas), j'ai vu des ados maltraiter un chat, un homme saoul foncer dans un abribus ROUGE en vélo, des madames avec des grosses bedaines molles et des tops moulants sous les seins, des chats errants et/ou en chaleur, des chiens de toutes les races possibles, des madames avec des tops moulants sous les seins (je n'en reviens toujours pas) et tant d'autres choses encore.

Malgré tous ces chocs socio-culturels, je me sens bien et j'aime le quartier. J'ai découvert que je devais apprendre à tenir une perceuse parce que mon ex et mon frère ne peuvent pas accourir dès que j'ai une tablette à poser et que Hot man était super bon pour laver la vaisselle et faire des machines à laver. Mon prochain défi est donc de devenir une bricoleuse accomplie. J'ai regardé Etienne faire pendant 8 ans, je devrais être capable de me débrouiller seule. Vous saurez donc que je me suis estropiée à la tâche s'il me faut encore plus d'un mois avant d'écrire un autre billet!

Note à moi-même: Bricoler, bricoler... Ça part mal quand changer la «bit» sur la perceuse demande un cours d'appoint de papa et que mon poignet décide que c'est trop dur pour lui.

Frérot? Ex-Amoureux? Vous faites quoi jeudi soir? J'aurais des tablettes à installer...

samedi 16 mai 2009

Travailler avec des médames

Le milieu de l'enseignement est un milieu difficile parce que nos classes regorgent, qu'on court toujours après les sous, parce qu'on manque d'autonomie professionnelle, parce que notre tâche est d'une lourdeur excessive avec tous ces plans d'intervention, réunions, paperasses inutiles à remplir pour satisfaire d'obscurs fonctionnaires qui n'ont jamais mis les pieds dans une classe, réunions cycle forcées, formulaires à remplir pour un oui ou pour un non et j'en passe. Mais, selon moi, l'engence du milieu scolaire reste les médames.

Les médames sont ces collègues qui disent non à tout, qui rapportent à la direction tout ce qui n'a pas vraiment d'intérêt, qui critiquent tout et qui se croient meilleures que les autres. Bref, elles empoissonnent notre enthousiasme avec leurs commentaires fielleux et contribuent à ce que s'isoler pour travailler seule dans sa classe apparaisse comme le moindre mal.

Identifier la médame peut sembler évident. Cependant, certains indices ne trompent pas. Voici quelques uns de leurs commentaires types:
  • Il me reste X années avant ma retraite, je n'ai pas envie d'embarquer dans ce projet...
  • Je ne pense pas que ce soit adapté à notre cycle... (lorsqu'on discute d'activités école)
  • Est-ce que tu sais dans quoi tu t'embarques en faisant cette activité? (sur un ton prédisant l'échec le plus cuisant)
  • Je te le prête, MAIS tu dois me le rapporter intact, hein? (sur un ton suspicieux, comme si votre intention était de saccager l'objet du prêt)
  • Cet élève-là, tu n'arriveras à rien avec lui (En début d'année, avant même que le ti-loup ait eu la chance de se montrer le bout du nez)
  • C'est pas parce que c'est toi qui s'est occupée de cette activité-là que je dis ça, mais ce n'était pas une réussite (lors d'une certaine visite d'auteur...)
  • Si tu avais autant d'expérience que moi, tu ne stresserais pas avec ça.
  • Tout était tellement plus facile il y a vingt ans *soupir*.

Si certains de mes énoncés vous ont fait sourire c'est sûrement que vous avez vos propres exemples à ajouter à cette liste. Ne vous gênez pas pour en ajouter, plus on en saura sur ce genre de collègues, plus outillé on sera pour les éviter!

samedi 9 mai 2009

sensation de déjà vu...

Je suis un tantinet nerveuse ce matin. J'ai un shower de bébé au dîner. Puisque le dernier auquel j'ai assisté n'a pas été très euh... valorisant?, je n'ai pas vraiment à me questionner sur la raison d'être de la mini boule d'angoisse qui prend soudainement forme dans mon ventre.

C'est bien parce que c'est une amie très proche qui va accoucher que j'ai dit oui, parce que je ne connaitrai qu'une autre personne là-bas. Le party animal en moi a, étrangement, le goût d'aller hiberner tout de suite!


Note à moi-même: passer par la SAQ acheter des tonnes de vin rosé, un fidèle allié dans les situations gênantes.