samedi 14 mars 2009
questionnement
Est-ce que je suis la seule enseignante de la province à penser que le changement d'heure en pleine fin d'étape/ retour de la relâche est un moment épouvantablement mal choisi? J'ai eu l'impression d'être moi-même un zombie lundi et mardi et j'en suis quand même à mon vingthuième avancement d'heure. L'impact sur mes ti-loups fut tout simplement catastrophique! Je crois que sans mes fréquents: "On se réveille, groupe!" et "Il y a de la lumière, mais y a-t-il quelqu'un derrière ces yeux pochés?" j'en aurais perdu plus d'un... Vivement Pâques qu'on s'en remette!
vendredi 6 mars 2009
Queen of the world, mouais...
La paye étant confortablement au chaud dans mon compte depuis moins de 12 heures, mes cheveux me tapant sur les nerfs depuis la découverte d'inombrables pointes fourchues et de 4 cheveux gris (même pas blancs! merci génétique amérindienne lointaine...), ma coiffeuse habituelle étant à Napierville et étant moi-même à Montréal, on était déjà à ça d'une inévitable catastrophe.
Malgré la prolifération des cheveux gris qui, en principe, devrait être le signe d'une imminente sagesse, j'ai agi sur le coup de l'impulsion. Chose rarissisme j'en conviens. J'ai donc cherché, sur les pages jaunes un salon de coiffure qui ne répondait qu'à un seul critère, la proximité. Mission accomplie, j'avais rendez-vous avec Lynda à 15h00 chez Queen of the world. J'avais de la difficulté à concilier le prénom Lynda et le nom du salon, mais ce n'était rien de plus qu'un détail prouvant que mon instinct avait pressenti la catastrophe avant de foutre le camp.
15h00 arrivant, je me dirige vers le salon à moins de 100 mètres de chez Hot man. La Lynda en question avait plus l'air d'une Yassmina que de la fille aux cheveux crêpés que je m'étais imaginée. Après avoir fait preuve d'un calme olympien en répondant à ses questions posées en anglais en français, elle finit par comprendre que je ne démordrai pas et me pose ses questions dans un excellent français. Il y a tout de même des limites à vivre dangeureusement! Donner des indications à sa coiffeuse en anglais est, pour moi, synonyme de catastrophe imminente. Après 30 minutes d'application de colorant et 35 minutes d'attente avec un genre de sac en plastique d'un chic fou sur la tête, j'avais fait le tour de la conversation et de tout ce qui se trouvait d'intéressant dans le bac à revues. J'ai alors commencé à regarder les autres clientes. Quel mauvais choix de distraction! C'est quelques minutes à peine après le début de cet exercice de voyeurisme que mon estime de soi a soudainement décidé de déserter. Cause à effet? Sans aucun doute. Il n'y avait là que des genres de fashionistas de toutes les origines culturelles et moi.
Loin de moi l'idée d'être mal à l'aise lorsque je suis la seule blanche parlant français, mais l'idée d'avoir l'air de la seule boulimique au milieu d'un meeting d'anorexiques faisait lentement son chemin dans mon esprit engourdi par la forte odeur du colorant. J'étais la seule à ne pas m'être maquillée de fond en comble, à porter un vieux jeans confortable et j'étais la seule à avoir de l'acné, évidemment. Lorsque la coiffeuse m'a questionné sur mon âge, elle a semblé si surprise que je lui réponde 29 ans que je n'ai pu m'empêcher de lui demandé quel âge elle pensait que j'avais. Je fus à la limite de l'éclat de rire lorsqu'elle m'avoua naïvement avoir cru que j'étais en secondaire 5! Avant de je ne m'étouffe avec ma propre salive, elle se racheta en disant qu'elle espérait avoir l'air aussi jeune que moi à mon âge. Ishhh!
Finalement, après avoir été "séchée" et "raidi" par une mini-fille qui finira avec deux tendinites aux poignets tant elle force pour faire tourner la brosse ronde, Lynda a fini ma coupe en enlevant encore plein de cheveux pour amincir ma volumineuse chevelure. J'étais plutôt satisfaite même si je regrettais déjà ma frange qui m'occasionnerait quelques torticoli d'ici à ce que j'y sois habituée. Je suis sortie dans la rue, contente de sortir de cet endroit rempli de filles chics telleeeeement plus hot que moi et je me suis baladée un peu en me regardant discrètement dans chaque vitrine sur mon chemin pour vérifier que tout restait en place. Hot man, suivant le chemin déjà tracé par ex-Amoureux, a dit que c'était bien, renforcant un peu mon insatisfaction par rapport au prix versus le résultat obtenu.
J'ai quand même mal dormi, tentant de limiter les dégâts pour que ma mise en plis tienne jusqu'au matin pour me réveiller avec le look de David Bowie dans le film Labyrinthe ! * soupir résigné* J'ai déjà hâte de voir de quoi tout ça aura l'air quand je laisserai mes cheveux friser librement...
Malgré la prolifération des cheveux gris qui, en principe, devrait être le signe d'une imminente sagesse, j'ai agi sur le coup de l'impulsion. Chose rarissisme j'en conviens. J'ai donc cherché, sur les pages jaunes un salon de coiffure qui ne répondait qu'à un seul critère, la proximité. Mission accomplie, j'avais rendez-vous avec Lynda à 15h00 chez Queen of the world. J'avais de la difficulté à concilier le prénom Lynda et le nom du salon, mais ce n'était rien de plus qu'un détail prouvant que mon instinct avait pressenti la catastrophe avant de foutre le camp.
15h00 arrivant, je me dirige vers le salon à moins de 100 mètres de chez Hot man. La Lynda en question avait plus l'air d'une Yassmina que de la fille aux cheveux crêpés que je m'étais imaginée. Après avoir fait preuve d'un calme olympien en répondant à ses questions posées en anglais en français, elle finit par comprendre que je ne démordrai pas et me pose ses questions dans un excellent français. Il y a tout de même des limites à vivre dangeureusement! Donner des indications à sa coiffeuse en anglais est, pour moi, synonyme de catastrophe imminente. Après 30 minutes d'application de colorant et 35 minutes d'attente avec un genre de sac en plastique d'un chic fou sur la tête, j'avais fait le tour de la conversation et de tout ce qui se trouvait d'intéressant dans le bac à revues. J'ai alors commencé à regarder les autres clientes. Quel mauvais choix de distraction! C'est quelques minutes à peine après le début de cet exercice de voyeurisme que mon estime de soi a soudainement décidé de déserter. Cause à effet? Sans aucun doute. Il n'y avait là que des genres de fashionistas de toutes les origines culturelles et moi.
Loin de moi l'idée d'être mal à l'aise lorsque je suis la seule blanche parlant français, mais l'idée d'avoir l'air de la seule boulimique au milieu d'un meeting d'anorexiques faisait lentement son chemin dans mon esprit engourdi par la forte odeur du colorant. J'étais la seule à ne pas m'être maquillée de fond en comble, à porter un vieux jeans confortable et j'étais la seule à avoir de l'acné, évidemment. Lorsque la coiffeuse m'a questionné sur mon âge, elle a semblé si surprise que je lui réponde 29 ans que je n'ai pu m'empêcher de lui demandé quel âge elle pensait que j'avais. Je fus à la limite de l'éclat de rire lorsqu'elle m'avoua naïvement avoir cru que j'étais en secondaire 5! Avant de je ne m'étouffe avec ma propre salive, elle se racheta en disant qu'elle espérait avoir l'air aussi jeune que moi à mon âge. Ishhh!
Finalement, après avoir été "séchée" et "raidi" par une mini-fille qui finira avec deux tendinites aux poignets tant elle force pour faire tourner la brosse ronde, Lynda a fini ma coupe en enlevant encore plein de cheveux pour amincir ma volumineuse chevelure. J'étais plutôt satisfaite même si je regrettais déjà ma frange qui m'occasionnerait quelques torticoli d'ici à ce que j'y sois habituée. Je suis sortie dans la rue, contente de sortir de cet endroit rempli de filles chics telleeeeement plus hot que moi et je me suis baladée un peu en me regardant discrètement dans chaque vitrine sur mon chemin pour vérifier que tout restait en place. Hot man, suivant le chemin déjà tracé par ex-Amoureux, a dit que c'était bien, renforcant un peu mon insatisfaction par rapport au prix versus le résultat obtenu.
J'ai quand même mal dormi, tentant de limiter les dégâts pour que ma mise en plis tienne jusqu'au matin pour me réveiller avec le look de David Bowie dans le film Labyrinthe ! * soupir résigné* J'ai déjà hâte de voir de quoi tout ça aura l'air quand je laisserai mes cheveux friser librement...
mardi 3 mars 2009
à nouveau maman
J'ai remis ça. C'est sûr que c'est difficile de repartir à zéro quand les nôtres sont autonomes et qu'on commence à peine à souffler un peu, mais c'est ça la maternité. Ça vous appelle au moment où vous vous y attendez le moins. Les nuits blanches du début me manquaient-elles? Non évidemment! Mais ces moments où vous la tenez collée contre vous rachètent tout le reste.
J'ai attendu avant de relater tout ça ici, parce que ma dernière expérience s'est plutôt mal terminée. Je croyais vraiment que la douleur de perdre Mouffle ferait en sorte que jamais plus je ne voudrais d'un autre chat. J'ai ouvert mon coeur à Tartine et pas une seconde je n'ai douté d'avoir fait le bon choix (quoique c'est certain que me faire réveiller à deux heures du matin parce qu'elle veut jouer, avoir les bras couverts de traces de griffes en plus de l'avoir surprise à me téter un mamelon en ronronnant comme si j'étais sa maman m'a fait douter!)
Avec Hot man qui l'élève à temps plein (je n'aurais pas osé imposé Tartine à ma coloc qui a eu le bonheur de ramasser les merdes de Mouffle sur mon lit et sur la table), nous sommes épanouis. Nous avons même recommencé à faire l'amour sans être interrompus pour qu'il me dise: "Tu crois qu'elle sait ce qu'on fait?", "Tu veux la faire sortir?" ou encore "Tu as vu comme elle est mignonne dans son panier?"... Comme quoi, tout finit par cicatriser!
J'ai attendu avant de relater tout ça ici, parce que ma dernière expérience s'est plutôt mal terminée. Je croyais vraiment que la douleur de perdre Mouffle ferait en sorte que jamais plus je ne voudrais d'un autre chat. J'ai ouvert mon coeur à Tartine et pas une seconde je n'ai douté d'avoir fait le bon choix (quoique c'est certain que me faire réveiller à deux heures du matin parce qu'elle veut jouer, avoir les bras couverts de traces de griffes en plus de l'avoir surprise à me téter un mamelon en ronronnant comme si j'étais sa maman m'a fait douter!)
Avec Hot man qui l'élève à temps plein (je n'aurais pas osé imposé Tartine à ma coloc qui a eu le bonheur de ramasser les merdes de Mouffle sur mon lit et sur la table), nous sommes épanouis. Nous avons même recommencé à faire l'amour sans être interrompus pour qu'il me dise: "Tu crois qu'elle sait ce qu'on fait?", "Tu veux la faire sortir?" ou encore "Tu as vu comme elle est mignonne dans son panier?"... Comme quoi, tout finit par cicatriser!
les mystères de la génétique
Je vous ai déjà parlé de mon papa ici. Le sujet est-il clos pour autant? Nan...
Si je n'avais pas son sourire, son trou dans le menton, ses orteils (dont un est, preuve que la vie ne fait que s'acharner sur mon sort depuis le début de ma relativement jeune existence , presque plus long que le gros sensé être le boss), son sens de l'humour parfois à la limite de l'exaspérance chez qui le subit, son côté baveux, ses yeux et j'en passe, je croirais qu'il est impossible que cet homme soit mon père biologique. Cette semaine, alors que je ravissais mes parents en soupant avec eux, mon père s'est occupé de désosser la dinde, comme d'habitude. Là où il s'est surpassé, c'est lorsqu'il a mis les os et le gras mis de côté lors de la désosse dans un contenant de deux litres de lait qu'il a ensuite broché (oui, oui, il est allé chercher l'agrafeuse pour finir proprement le boulot!) avant de le mettre au congélateur pour faire éviter les odeurs lorsqu'il le jetterait à la poubelle dehors. Dois-je préciser que ladite poubelle est dehors et qu'une température ambiante de -10 degrés règne dehors?
C'est dans ces moments-là que je doute qu'il soit bel et bien mon géniteur... Si j'avais dû m'occuper de feu la volaille à sa place, le tout serait allé dans un sac en plastique, qui se serait avéré troué une fois rempli de jus de volatile mort, je l'aurais sûrement laissé traîner sur le pas de la porte, me disant que je le sortirais quand ça adonnerait, le chat en aurait profité pour se faire une discrète collation, semant au passage ossements et lanières de gras immangeables sur le tapis avant de s'étouffer et de me coûter l'équivalent d'une journée de salaire en vétérinaire!
Comment ne pas douter décemment de ma filiation dans un cas comme celui-ci?
Si je n'avais pas son sourire, son trou dans le menton, ses orteils (dont un est, preuve que la vie ne fait que s'acharner sur mon sort depuis le début de ma relativement jeune existence , presque plus long que le gros sensé être le boss), son sens de l'humour parfois à la limite de l'exaspérance chez qui le subit, son côté baveux, ses yeux et j'en passe, je croirais qu'il est impossible que cet homme soit mon père biologique. Cette semaine, alors que je ravissais mes parents en soupant avec eux, mon père s'est occupé de désosser la dinde, comme d'habitude. Là où il s'est surpassé, c'est lorsqu'il a mis les os et le gras mis de côté lors de la désosse dans un contenant de deux litres de lait qu'il a ensuite broché (oui, oui, il est allé chercher l'agrafeuse pour finir proprement le boulot!) avant de le mettre au congélateur pour faire éviter les odeurs lorsqu'il le jetterait à la poubelle dehors. Dois-je préciser que ladite poubelle est dehors et qu'une température ambiante de -10 degrés règne dehors?
C'est dans ces moments-là que je doute qu'il soit bel et bien mon géniteur... Si j'avais dû m'occuper de feu la volaille à sa place, le tout serait allé dans un sac en plastique, qui se serait avéré troué une fois rempli de jus de volatile mort, je l'aurais sûrement laissé traîner sur le pas de la porte, me disant que je le sortirais quand ça adonnerait, le chat en aurait profité pour se faire une discrète collation, semant au passage ossements et lanières de gras immangeables sur le tapis avant de s'étouffer et de me coûter l'équivalent d'une journée de salaire en vétérinaire!
Comment ne pas douter décemment de ma filiation dans un cas comme celui-ci?
mardi 3 février 2009
assumation, jogging, prise en charge et justifications
On est rendu là. L'autosuffisance est un apprentissage presqu'aussi lourd que celui des règles du participe passé. En plus de gérer mes finances, mes émotions, ma solitude, mon travail, mon passé, mes relations sociales et amoureuses, j'ai entrepris de me divertir toute seule. Le grand mot!
Lasse de rechigner le sempiternel "je m'ennuiiiiiiiiiie" qui caractérise mes soirées de semaine depuis quelques temps déjà, ennui allant jusqu'à me faire participer avec un peu trop d'entrain en regardant le Cercle à la télé en insultant les participants, je me suis surprise en arrêtant au cinéma de Delson au retour d'une course ce soir. Yes madame, all by myself. Je suis allée voir "La guerre des mariées". Rien de moins! Bon, c'était le soir à 5$ (ce qui justifie un peu le choix douteux) et rien d'autre ne me semblait digne d'être vu seule, sans personne avec qui échanger mes opinions après.
Je me suis toutefois rappelée pourquoi ce cinéma est quasi désert depuis l'ouverture de celui du Quartier dix30. Assise le dos droit comme sur une chaise de cuisine, cherchant désespérément le support à boisson (que j'ai découvert une fois les 20 premières minutes du film passées), je me suis soudainement sentie adulte. Oui, oui, adulte. J'étais seule, au cinéma, un mardi soir et je ne m'en portais pas plus mal. J'ai eu un comportement très mature en m'empiffrant de pop corn (sans avoir à partager) et j'ai bu l'équivalent de mon poids en boisson gazeuse, le regrettant aussitôt que ma vessie eut le bon goût de me rappeler que personne n'était là pour surveiller ma sacoche si j'allais aux toilettes! Je chemine lentement, faut l'avouer.
Le plus beau dans tout ça c'est que j'y suis allée en jogging! Liberté totale, je vous dis. Ledit jogging est plus un pantalon de yoga, d'un noir qui n'a pas encore grisaillé qui plus est (on dirait que je me sens obligée de me justifier, comme si cela allait vous faire oublier le mot "jogging"). Je commence sérieusement à penser que le Bronx où je vis déteint sur moi. Après un séjour de trois ans et demi dans un village, ce passage dans les bas-fonds de Delson aura tôt fait de me transformer en carte de mode selon les standards d'un marché aux puces. Je suis soulagée de ne pas avoir croisé de gens de ma connaissance (dur d'expliquer que je vais mieux après ça), mais je me répète (sûrement pour me convaincre) que c'est pour me prouver que le regard des autres me touche de moins en moins que je l'ai fait.
Est-ce que c'est l'approche de mon 29e anniversaire qui me rend si mature ou serait-ce ces années de laisser-aller qui n'ont rien donné de bon qui me poussent à me prendre en main? La trentaine n'est peut-être pas si effrayante qu'on le laisse croire si elle apporte autant d'assumation...
Lasse de rechigner le sempiternel "je m'ennuiiiiiiiiiie" qui caractérise mes soirées de semaine depuis quelques temps déjà, ennui allant jusqu'à me faire participer avec un peu trop d'entrain en regardant le Cercle à la télé en insultant les participants, je me suis surprise en arrêtant au cinéma de Delson au retour d'une course ce soir. Yes madame, all by myself. Je suis allée voir "La guerre des mariées". Rien de moins! Bon, c'était le soir à 5$ (ce qui justifie un peu le choix douteux) et rien d'autre ne me semblait digne d'être vu seule, sans personne avec qui échanger mes opinions après.
Je me suis toutefois rappelée pourquoi ce cinéma est quasi désert depuis l'ouverture de celui du Quartier dix30. Assise le dos droit comme sur une chaise de cuisine, cherchant désespérément le support à boisson (que j'ai découvert une fois les 20 premières minutes du film passées), je me suis soudainement sentie adulte. Oui, oui, adulte. J'étais seule, au cinéma, un mardi soir et je ne m'en portais pas plus mal. J'ai eu un comportement très mature en m'empiffrant de pop corn (sans avoir à partager) et j'ai bu l'équivalent de mon poids en boisson gazeuse, le regrettant aussitôt que ma vessie eut le bon goût de me rappeler que personne n'était là pour surveiller ma sacoche si j'allais aux toilettes! Je chemine lentement, faut l'avouer.
Le plus beau dans tout ça c'est que j'y suis allée en jogging! Liberté totale, je vous dis. Ledit jogging est plus un pantalon de yoga, d'un noir qui n'a pas encore grisaillé qui plus est (on dirait que je me sens obligée de me justifier, comme si cela allait vous faire oublier le mot "jogging"). Je commence sérieusement à penser que le Bronx où je vis déteint sur moi. Après un séjour de trois ans et demi dans un village, ce passage dans les bas-fonds de Delson aura tôt fait de me transformer en carte de mode selon les standards d'un marché aux puces. Je suis soulagée de ne pas avoir croisé de gens de ma connaissance (dur d'expliquer que je vais mieux après ça), mais je me répète (sûrement pour me convaincre) que c'est pour me prouver que le regard des autres me touche de moins en moins que je l'ai fait.
Est-ce que c'est l'approche de mon 29e anniversaire qui me rend si mature ou serait-ce ces années de laisser-aller qui n'ont rien donné de bon qui me poussent à me prendre en main? La trentaine n'est peut-être pas si effrayante qu'on le laisse croire si elle apporte autant d'assumation...
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