Cet été, j'ai pris conscience de plusieurs faits troublants. On peut désirer une chose et son contraire. Même si on ne comprend pas où ça nous mène. Même si ça blesse les gens autour de nous. Et j'ai peur. Peur d'être une chercheuse. Une éternelle insatisfaite.
Ces dernières demaines, après avoir demandé à mon amoureux de retourner vivre chez lui (après lui avoir demandé de vivre avec moi... Voyez-vous le pattern?), je me suis retrouvée seule parce que j'étouffais un peu. Vivre seule, c'était mon objectif après ma rupture avec Hot Man.
Pour être franche, c'est pas facile de vivre à deux avec moi. Moi avec moi, je trouve ça difficile. Ma tête roule à 100 à l'heure tout le temps, je suis mal à l'aise avec mes émotions et je tends à les réprimer pour ne pas que ça sorte de ma bouche tout croche, je suis d'humeur changeante, j'aime la confrontation et les sensations fortes et j'ai un énorme besoin d'autonomie pseudo-féministe que je n'assume pas tout à fait, partagée entre ce que je pense être l'égalité entre un homme et une femme et ce que je vois autour de moi. Bref, suis dans la merde.
Je cherche encore le modèle de couple qui m'ira. Je voudrais le meilleur des deux mondes: la passion et avoir quelqu'un avec qui faire des projets, sur qui je peux me reposer quand ça va moins bien. Je n'ai pas envie envie de la spirale maison-bébés-boulot-garderie-obligations familiales... Ça m'effraie. Même si j'y ai presque déjà touché. Je pense bien avoir trouvé un homme pour moi. Là aussi, j'ai peur. J'ai beaucoup de travail à faire sur moi. Faire un deuil aussi. Accepter que tout ne peut pas toujours fonctionner selon mes humeurs versatiles.
Je m'aperçois que je projette beaucoup sur l'autre, que je suis l'initiatrice de bien des prises de becs. Que j'exige beaucoup, sans toutefois m'ouvrir totalement. Que je suis encore très ado dans ma façon d'entrer en contact avec mon partenaire. Un mélange de séduction et de tests qui ne donnent aucun résultat sinon le fait de me sentir moins bien, moins censée, moins adulte. L'automne et l'hiver seront long avec tout ce que j'ai à réaliser et à assumer sur ma petite personne égoïste.
Et pour couronner le tout, suis fauchée. Comme d'habitude en août. Le retour au boulot aura, au moins, le mérite de m'occuper la tête et de regarnir mon compte en banque. De nouveaux défis m'attendent: nouveau degré scolaire et nouvelle école. Tsé, quand tu te sens forte!
vendredi 13 août 2010
lundi 12 juillet 2010
la loque n'est plus!
Deux mois déjà sont passés depuis mon dernier message d'une tristesse plus très actuelle. Pourquoi cet état d'âme n'est plus? Ben, euh, premièrement ça fait deux mois et en deux mois j'ai le temps d'aller merveilleusement bien 40 fois, de mourir d'ennui 22 fois, de rire aux larmes avec mes amis au moins 60 fois, d'avoir de la peine 6 ou 7 fois, de subir une humiliation publique 2-3 fois et de vivre d'autres belles montagnes russes qui font que ma vie, je l'aime. Deuxièmement, j'ai été siiiiii occupée depuis deux mois que je n'ai pas eu le temps/l'énergie (quand j'avais le temps) de venir écrire ici.
Deux mois en raffale:
Deux mois en raffale:
- j'ai «gagné» mon amoureux. Je ne suis plus l'autre femme. Oh joie intense!
- j'ai fait de la peine à un ami que j'adore parce que j'ai choisi celui que je partageais avec une autre. Dur moment. Là, ça va mieux. On s'amuse toujours autant ensemble, le malaise semble être passé pour mon plus grand bien...
- j'ai fini l'année scolaire en survivant à toutes les corrections des examens du ministère. J'adore la sixième année, je me plains pour rien. J'aime mieux corriger des tonnes d'examens en mai-juin que de passer un mois sur comment installer une feuille trouée dans un duo-tang avec des amis de première année...
- je suis déménagée sur la rive-sud. J'adore mon appart, mais je me questionne. Mauvais moove? Je me suis levée, la deuxième semaine, pour m'apercevoir que ma rue serait entièrement recanalisée et refaite entre juin et septembre (vous savez, toute la durée de mes vacances?). Vous imager le doux ronronnement des grues et la douceur infinie des couinements des chenilles sur ce qui reste de ma rue m'est impossible. Il faut le vivre pour en apprécier pleinement les saveurs. Et on en jouit dès 7 heures le matin, chanceux que nous sommes. Un pur ravissement pour les yeux et les oreilles... Et je ne parle pas des travailleurs qui ne sont pas sexy, même sans t-shirt à 45 degrés au soleil. Misère.
- mon amoureux vit avec moi depuis 6 semaines déjà. On ne sait pas si c'est permanent, mais c'est plaisant en diable!
- mon frère s'est séparé, mais pas vraiment. En fait, ils vivent chacun dans leur appart désormais et se voient quand ils en ont envie. Faire ça pour sauver son couple, je trouve ça vraiment courageux. Ils sont si beaux ensemble en plus...
- je me suis fait traiter de «grosse connasse» par un «ami» qui ne l'était plus depuis quelques temps parce que j'ai trop tardé à lui dire que je n'avais plus de plaisir en sa présence. Ordinaire. Note à moi-même: écouter la petite voix en-dedans la prochaine fois... Elle ne se trompe jamais la garce.
- j'ai 4 chats. 4! Pas un, pas deux, pas trois, quatre chats! Il y en a partout dans mon appart: ma chatte et celle de mon ex plus le chat de mon chum et celle de son ex. Hummm. On est trop bons, trop naïfs ou juste trop sensibles? Si quelqu'un cherche une chatonne pour combler un besoin affectif quelconque, vous savez où me joindre... Je donne évidemment celle de l'ex de mon amoureux. Tsé.
- ça a été la canicule aussi. Pour une loque qui vient de finir l'année scolaire, la canicule est un excellent prétexte pour rester allongée sur le sofa en enchaînant lecture de polars et visionnement de True Blood saison 2 sans manifester de culpabilité.
- je suis allée aux glissades d'eau où j'ai laissé une autre petite partie de ma dignité (il ne doit plus en rester beaucoup) quand ma copine a crié, au sortir du lac: «Marie, on voit ton sein gauche!» en pointant le-dit sein pour que plus personne n'ait de doutes sur la propriétaire de la poitrine à demi dénudée.
- j'ai des voisins peu tolérants. Comme 35 ans me séparent du plus jeune d'entre eux, je suppose que mon style de vie les dérange. Je suis la seule du bloc à recevoir à souper, à oublier d'éteindre la lumière du couloir, je vide mon recyclage dans les deux bacs et, le plus frustrant jusqu'à présent, je fais l'amour. Un voisin est venu me dire que c'était écho ici et que sa femme entendait mon lit «qui ne devait pas être de niveau» quand je faisais des «exercices d'entrainement physique». Un autre est venu frapper violemment à la porte un autre soir me demander agressivement si «la hyundai accent noire parkée à SA place était à un de mes amis». Il s'en est allé, frustré par mon «non» un peu outré et, après avoir essayé de regarder dans mon appart si je ne cachais pas d'amis, il a frappé encore plus fort chez madame Gisèle, question qu'elle meure d'une attaque cardiaque en sursautant. Elle aussi est une nouvelle locataire et on n'aime pas ça les nouveaux locataires dans mon bloc...
- j'ai trois amies enceintes. Ça fait beaucoup d'amies qui ne prennent plus un verre (et qui font de formidables chauffeurs désignés)!
- j'ai pas de plan vacances encore, mais j'ai un amoureux en vacances pour deux semaines qui a un chalet et qui aime bien partir sans destination. On verra bien où ça nous conduira.
- je suis membre d'un jury qui accorde un prix à un auteur jeunesse pour la sortie de son premier roman. Je dois lire une trentaine de romans jeunesse cet été. Dure ma vie!
Bref, je suis épanouie. Pour un bout de temps cette fois j'espère!
lundi 10 mai 2010
et une peine d'amour pour madame!
C'était décidément pas mon week-end... Après avoir failli faire un burn out live vendredi, je me suis aperçue que j'étais plus qu'angoissée à l'idée de rentrer au boulot ce matin. Je vous écris donc grâce à ma dernière journée maladie. Un indice que vous passez une année de merde? Z'avez plus de journée maladie le 10 mai alors que l'école finit dans un mois et demi et que c'est là que vous n'allez pas bien. Moche.
À bout de souffle au boulot, angoissée à l'idée de déménager seule pour la première fois de ma vie, brûlée des 3 derniers mois de célibat où j'ai abusé de tout, déçue quand même de mon histoire avec Hot Man qui était devenu moins hot depuis que nous étions séparé en continuant de partager un appart, j'ai dû prendre, hier, une décision qui me tue à petit feu.
Depuis février, je fréquentais un gars en couple. Je sais, je suis l'autre femme. La garce, la bitch, la briseuse de ménage pour celles qui sont de nature jalouse. Je suis aussi la pathétique, celle qui est en stand by, qui attend et qui ne peut se permettre de se plaindre parce qu'une maitresse se doit d'être divertissante pour ceux qui croient que ce n'est ni tout blanc ni tout noir la vie.
Je ne suis pas une personne patiente de nature. Sauf quand j'aime. Et cet homme là, il est arrivé dans ma vie comme un éclair. Il est fait pour moi. J'en suis tombée amoureuse. Malgré toutes les barrières que j'essayais de mettre, j'avais en tête des images de voyages, de matinée au lit à rêver et de bébés roucoulants. Oui, moi, je rêvais de bébés roucoulants. Il m'a donné du temps, beaucoup, depuis des mois. Il a fait ce qu'il a pu avec sa situation, mais ce n'était pas assez pour mes besoins au moment où le barrage commençait à craquer de partout.
Hier, je lui ai dit que nous ne devions plus nous voir. J'ai dû prendre la décision. Elle m'appartenait de toute façon. Il était aussi brûlé que moi, il ne l'aurait pas fait. Les hommes sont faibles devant nos émotions. Ils nous voient rarement couler alors ils s'imaginent que c'est passager quand on est sur une pente descendante.
C'est un peu l'équivalent de devoir se faire couper le bras, mais de devoir choisir lequel par soi-même devant le bourreau... Je savais que ca devait finir, malgré tout l'amour que j'ai pour lui. Encore. Depuis que je lui ai annoncé, après avoir pleuré pour la première fois depuis des mois, c'est vide à l'intérieur de moi. Une douleur qui me rappelle celle ressentie quand j'ai perdu mes bébés. Un genre de creux qui brûle et qui ne s'éteint pas. Inquiétant.
Si on m'avait dit que je vivrais une peine d'amour à 30 ans... Je ne me souvenais même plus c'était quoi. Et, pour être franche, c'est pas plus facile à 30 qu'à 15 ans. Ce sont les mêmes «peut-être qu'il se battra pour me retrouver», «peut-être que, là, il réalise combien il m'aime», «peut-être que tout va bien finir»... Parce qu'en plus, je sais qu'il m'aime. Aucun doute là-dessus. Cette nouvelle information ajoute l'humiliation à la douleur: j'en ai pas valu la peine. Voilà, c'est dit. Je n'en ai pas valu la peine.
Je retourne à mon lit pleurnicher un peu. Nan. Je vais d'abord aller fumer.
De retour de la pause autodestruction étape 1:
Vous avez une idée quant à savoir pourquoi il fait toujours un putain de soleil rayonnant les jours où vous souhaiteriez que tout le monde soit aussi triste que vous? C'est pas pour rien que j'ai toujours dit que la vie était une salope! Elle pourrait juste aller baiser quelqu'un d'autre et me foute la paix la garce.
À bout de souffle au boulot, angoissée à l'idée de déménager seule pour la première fois de ma vie, brûlée des 3 derniers mois de célibat où j'ai abusé de tout, déçue quand même de mon histoire avec Hot Man qui était devenu moins hot depuis que nous étions séparé en continuant de partager un appart, j'ai dû prendre, hier, une décision qui me tue à petit feu.
Depuis février, je fréquentais un gars en couple. Je sais, je suis l'autre femme. La garce, la bitch, la briseuse de ménage pour celles qui sont de nature jalouse. Je suis aussi la pathétique, celle qui est en stand by, qui attend et qui ne peut se permettre de se plaindre parce qu'une maitresse se doit d'être divertissante pour ceux qui croient que ce n'est ni tout blanc ni tout noir la vie.
Je ne suis pas une personne patiente de nature. Sauf quand j'aime. Et cet homme là, il est arrivé dans ma vie comme un éclair. Il est fait pour moi. J'en suis tombée amoureuse. Malgré toutes les barrières que j'essayais de mettre, j'avais en tête des images de voyages, de matinée au lit à rêver et de bébés roucoulants. Oui, moi, je rêvais de bébés roucoulants. Il m'a donné du temps, beaucoup, depuis des mois. Il a fait ce qu'il a pu avec sa situation, mais ce n'était pas assez pour mes besoins au moment où le barrage commençait à craquer de partout.
Hier, je lui ai dit que nous ne devions plus nous voir. J'ai dû prendre la décision. Elle m'appartenait de toute façon. Il était aussi brûlé que moi, il ne l'aurait pas fait. Les hommes sont faibles devant nos émotions. Ils nous voient rarement couler alors ils s'imaginent que c'est passager quand on est sur une pente descendante.
C'est un peu l'équivalent de devoir se faire couper le bras, mais de devoir choisir lequel par soi-même devant le bourreau... Je savais que ca devait finir, malgré tout l'amour que j'ai pour lui. Encore. Depuis que je lui ai annoncé, après avoir pleuré pour la première fois depuis des mois, c'est vide à l'intérieur de moi. Une douleur qui me rappelle celle ressentie quand j'ai perdu mes bébés. Un genre de creux qui brûle et qui ne s'éteint pas. Inquiétant.
Si on m'avait dit que je vivrais une peine d'amour à 30 ans... Je ne me souvenais même plus c'était quoi. Et, pour être franche, c'est pas plus facile à 30 qu'à 15 ans. Ce sont les mêmes «peut-être qu'il se battra pour me retrouver», «peut-être que, là, il réalise combien il m'aime», «peut-être que tout va bien finir»... Parce qu'en plus, je sais qu'il m'aime. Aucun doute là-dessus. Cette nouvelle information ajoute l'humiliation à la douleur: j'en ai pas valu la peine. Voilà, c'est dit. Je n'en ai pas valu la peine.
Je retourne à mon lit pleurnicher un peu. Nan. Je vais d'abord aller fumer.
De retour de la pause autodestruction étape 1:
Vous avez une idée quant à savoir pourquoi il fait toujours un putain de soleil rayonnant les jours où vous souhaiteriez que tout le monde soit aussi triste que vous? C'est pas pour rien que j'ai toujours dit que la vie était une salope! Elle pourrait juste aller baiser quelqu'un d'autre et me foute la paix la garce.
vendredi 7 mai 2010
la journée qui vient de surclasser la pire journée de ma vie
Comment dire? Surtout maintenant que ma conduite n'est plus dictée par la petite veine qui allait m'éclater au front toute la journée...
Mes fidèles lecteurs (ceux qui savent que je ne suis une loque humaine qu'à temps partiel) se souviendront peut-être de la pire journée de ma vie... (Les autres c'est dans les archives de du 22 juin 2008, quand j'étais dépressive et médicamentée. Parce que je suis même trop loque pour faire un lien hypertexte). Cette journée qui s'achève vient de la détrôner. Et haut la main! Pas que c'était si humiliant ou si horrible que ça. Chacun de ces événements pris individuellement m'aurait moins atteinte s'ils n'avaient pas eu le mauvais goût de venir en gang. Karma, quand tu nous tient!
Je vais évidemment vous la raconter cette journée parce que l'humiliation publique est devenue ma seconde nature et que je dois me forcer à écrire ces merdes pour mieux me connaître et devenir une meilleure personne. Ouf! Je vous titille, mais je vous raconte. En vrac, toutefois. Parce que raconter la série d'événements avec les dialogues inclus me prendrait jusqu'à demain et que je fais déjà des fautes de frappe because les deux bières et les nombreuses cigarettes que j'ai prises, pas plus tard que là!
En vrac donc!
Avant-midi:
Spectacle des Francofolies de l'école à organiser pour l'après-midi: 1
Classe désorganisée et excitée à l'idée du spectacle: 1
Problème avec le souper de retraite que j'organise pour notre ancienne directrice: 1, majeur (genre «on n'a pas votre réservation». L'événement est dans 2 semaines. Quand même.)
Collègue du service de garde m'ayant accostée cavalièrement sans raison: 1
Élèves s'étant fait prendre avec des pétards alors que je les avais avertis la veille: 2
Examens du ministère bâclés par mes élèves: tous
Directeur ayant ri bêtement à l'annonce de mon burn out prochain: 1
Portes verrouillées alors que j'essayais de rentrer dans l'école de la cour: toutes
Collègue n'ayant rien fait sur le comité retraite n'ayant pas réagi à mon annonce de la catastrophe de la réservation: 1
Collègue n'ayant rien fait sur le comité retraite engueulée en claquant la porte du salon du personnel: 1
«Plein le cul de l'école» verbalisé sur un ton de menace à mes élèves: 1
Minutes passées la tête entre les genoux pour éviter d'hyperventiler alors que j'aurais dû être dans ma classe: quelques unes
«C'est juste des ti-gars» entendu par mon patron après avoir su que c'étaient les élèves qu'il avait rencontré personnellement dans son bureau cette semaine qui avaient apporté des pétards à l'école: 1 (de trop!)
«Là, madame Marie-Andrée va sortir fumer une cigarette» lancé à mon groupe alors que la veine de mon front travaillait fort pour exploser: 1
Manquements à l'éthique professionnelle en à peine 3 heures: Ishhhhh, innombrables.
Le dîner:
Gymnase à placer pour le spectacle (parce que the show must go on à ce qu'il paraît): 1
Collègues évitant mon regard nerveusement: nombreuses, très nombreuses.
L'après-midi:
Spectacle animé seule puisque ma collègue faisait une crise d'angoisse juste à y penser: 1
Micro qui me faisait passer pour une conne à chaque fois que mon directeur oubliait de remettre le son: 1 saleté de merde
Enseignants ne faisant pas de discipline pendant le spectacle: trop à mon goût ( et à celui de ma petite veine)
Enseignants venus me dire félicitations ou merci pour l'organisation: 3 (mon égo en a pris pour son rhume)
Élève au coeur brisé à que j'ai dû rassurer malgré ma fragilité émotionelle: 1 (Ma pauvre chouette! Elle n'avait pas eu une journée, mais bien une semaine de merde, elle.)
Confirmation que notre réservation pour la retraite ne tenait pas: 1
Soirée:
Minutes passées la bouche ouverte en regardant au plafond, couchée sur mon lit à éclaircir tout ça et à tenter de valider si je faisais une autre dépression: innombrables
Cigarettes fumées pour tenter de ne pas réfléchir: quelque part entre le «faudrait pas que ma mère sache ça» et le «c'est humainement impossible»
Vivement mon déménagement pour que je me fasse un cocon où j'hibernerai les 2 premières semaines de juilllet! Le temps que la petite veine reprenne sa place...
Mes fidèles lecteurs (ceux qui savent que je ne suis une loque humaine qu'à temps partiel) se souviendront peut-être de la pire journée de ma vie... (Les autres c'est dans les archives de du 22 juin 2008, quand j'étais dépressive et médicamentée. Parce que je suis même trop loque pour faire un lien hypertexte). Cette journée qui s'achève vient de la détrôner. Et haut la main! Pas que c'était si humiliant ou si horrible que ça. Chacun de ces événements pris individuellement m'aurait moins atteinte s'ils n'avaient pas eu le mauvais goût de venir en gang. Karma, quand tu nous tient!
Je vais évidemment vous la raconter cette journée parce que l'humiliation publique est devenue ma seconde nature et que je dois me forcer à écrire ces merdes pour mieux me connaître et devenir une meilleure personne. Ouf! Je vous titille, mais je vous raconte. En vrac, toutefois. Parce que raconter la série d'événements avec les dialogues inclus me prendrait jusqu'à demain et que je fais déjà des fautes de frappe because les deux bières et les nombreuses cigarettes que j'ai prises, pas plus tard que là!
En vrac donc!
Avant-midi:
Spectacle des Francofolies de l'école à organiser pour l'après-midi: 1
Classe désorganisée et excitée à l'idée du spectacle: 1
Problème avec le souper de retraite que j'organise pour notre ancienne directrice: 1, majeur (genre «on n'a pas votre réservation». L'événement est dans 2 semaines. Quand même.)
Collègue du service de garde m'ayant accostée cavalièrement sans raison: 1
Élèves s'étant fait prendre avec des pétards alors que je les avais avertis la veille: 2
Examens du ministère bâclés par mes élèves: tous
Directeur ayant ri bêtement à l'annonce de mon burn out prochain: 1
Portes verrouillées alors que j'essayais de rentrer dans l'école de la cour: toutes
Collègue n'ayant rien fait sur le comité retraite n'ayant pas réagi à mon annonce de la catastrophe de la réservation: 1
Collègue n'ayant rien fait sur le comité retraite engueulée en claquant la porte du salon du personnel: 1
«Plein le cul de l'école» verbalisé sur un ton de menace à mes élèves: 1
Minutes passées la tête entre les genoux pour éviter d'hyperventiler alors que j'aurais dû être dans ma classe: quelques unes
«C'est juste des ti-gars» entendu par mon patron après avoir su que c'étaient les élèves qu'il avait rencontré personnellement dans son bureau cette semaine qui avaient apporté des pétards à l'école: 1 (de trop!)
«Là, madame Marie-Andrée va sortir fumer une cigarette» lancé à mon groupe alors que la veine de mon front travaillait fort pour exploser: 1
Manquements à l'éthique professionnelle en à peine 3 heures: Ishhhhh, innombrables.
Le dîner:
Gymnase à placer pour le spectacle (parce que the show must go on à ce qu'il paraît): 1
Collègues évitant mon regard nerveusement: nombreuses, très nombreuses.
L'après-midi:
Spectacle animé seule puisque ma collègue faisait une crise d'angoisse juste à y penser: 1
Micro qui me faisait passer pour une conne à chaque fois que mon directeur oubliait de remettre le son: 1 saleté de merde
Enseignants ne faisant pas de discipline pendant le spectacle: trop à mon goût ( et à celui de ma petite veine)
Enseignants venus me dire félicitations ou merci pour l'organisation: 3 (mon égo en a pris pour son rhume)
Élève au coeur brisé à que j'ai dû rassurer malgré ma fragilité émotionelle: 1 (Ma pauvre chouette! Elle n'avait pas eu une journée, mais bien une semaine de merde, elle.)
Confirmation que notre réservation pour la retraite ne tenait pas: 1
Soirée:
Minutes passées la bouche ouverte en regardant au plafond, couchée sur mon lit à éclaircir tout ça et à tenter de valider si je faisais une autre dépression: innombrables
Cigarettes fumées pour tenter de ne pas réfléchir: quelque part entre le «faudrait pas que ma mère sache ça» et le «c'est humainement impossible»
Vivement mon déménagement pour que je me fasse un cocon où j'hibernerai les 2 premières semaines de juilllet! Le temps que la petite veine reprenne sa place...
dimanche 14 mars 2010
Se donner la frousse
Je suis certes une personne plutôt excessive. Autant dans ce qui me fait du bien que dans la confrontation avec moi-même. J'aime de plus en plus repousser mes limites, le spinning en est un excellent exemple. J'avoue être accro et, dès cette semaine, j'irai au gym trois fois plutôt que deux. Mais ce n'est pas de mon mou à raffermir dont il sera question ici. (Je dois admettre que c'est probablement un des pires «sujet amené» de l'histoire des sujets amenés...)
(On se rapproche) J'ai arrêté de fumer dimanche dernier. Étonnament, ça se déroule très bien. J'ai lu un livre motivant sur cette dépendance et, sans patch, sans laser, sans nicorette, sans rien, ça fait maintenant 7 jours que je n'ai pas touché une cigarette. Pour me tester, je suis sortie trois fois cette semaine avec une collègue pour la regarder fumer. Je vis sur la corde raide de même, que voulez-vous!
Contente de moi, il n'en fallait pas plus pour que j'ai encore envie de me prouver quelque chose. Pas capable de s'en tenir à deux réussites dans la même semaine, je voulais me tester plus.
(On y est enfin!) Hier soir, je suis allée souper dans le Vieux Longueuil avec des amis. Sur le chemin du retour, je me suis dit que prendre le pont Victoria serait un bon test pour ma peur du vide.* Je ne sais pas si c'est parce que je suis en train de lire un roman sur les attaques de panique, mais j'ai bien cru que j'allais mourir drette-là! D'autant plus qu'il est interminable ce pont démoniaque. J'ai serré le volant si fort, j'ai forcé des yeux tellement longtemps pour ne regarder que droit devant que j'ai dû arrêter de respirer quelques minutes. L'horreur. Si j'avais pu, j'aurais arrêté l'auto et j'aurais attendu qu'un bon samaritain vienne me reconduire l'autre côté.
À la place, c'est moi la pauvre conne qui a causé un embouteillage sur le pont Victoria un samedi soir vers 21h30 en roulant à 45 km/h. Voir la file grossir derrière moi ne me faisait aucun effet. Je voulais juste en finir. J'ai pas eu le choix de passer au travers, évidemment. Je n'ai même pas été capable de ressentir un peu de fierté d'avoir fait ce petit pas. J'ai vraiment eu la frousse. J'espère être rassasiée d'émotions fortes, car tout ceci devient inquiétant. Par précaution, je vais faxer ma photo dans tous les centres de bunjee et de parachutisme du Québec avec écrit en dessous: «Ne faites jamais affaire avec cette usurpatrice. C'est une saleté de chochotte qui vit trop dangereusement pour son bien!»
*Ouin, j'ai la peur du vide. Un genre de vertige, mais qui ressemble plus à une panique d'échapper quelque chose dans le vide. Il y a sûrement un lien à faire avec le lâcher-prise auquel je m'exerce, mais suis pas psychanalyste... Quand j'étais petite, on allait au pont des écluses à Ste-Catherine. Le pont est en grillage métallique, comme la chaussée du pont Victoria. Marcher, pédaler ou rouler en voiture sur ce genre de surface m'a toujours causé un léger début d'angoisse.*
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